Le but de ce témoignage est que vous connaissiez un minimum celui qui vous parle dans tous ses messages. Il n’est pas question d’insister sur trop de détails. D’ailleurs, beaucoup de choses marquantes n’y figurent pas et je vous prie d’excuser certains passages assez bref par moment. Je ne mentionnerai pas de nom, et même si je parle de certains croyants, rien n’indique leur identité. Mes détracteurs et mes instruments douleurs resteront cachés à ceux qui n’en savait déjà rien.

Avant la foi

Né en Martinique, une petite île qui est aussi un département français, je n’ai jamais senti de lien avec la culture locale. Ainsi loin que je puisse remonter, ma famille a toujours été divisé. J’ai été abusé par des membres de la branche paternelle dès sept ans. Et parfois mal traité du côté maternel, bien que ma mère elle-même, est fait de son mieux avec ses enfants.

On peut dire que mon rapport à l’humain ne dépassait pas l’élémentaire tolérance, et ma confiance était difficile à accorder. Malgré tout, j’ai pris le risque de nouer des relations à plusieurs reprises. A part une belle exception, les trahisons se sont enchaînées, mais ce sujet s’étale sur toute ma vie jusqu’à maintenant. Jusqu’au collège, je passais le plus clair de mon temps, seul, et lorsque j’ouvrais mon cœur, je devenais naïf.

Je m’approche du Seigneur

Entre treize et quinze ans, je fréquentais le milieu protestant (évangélique pentecôtiste), sans être converti. C’est lors de circonstances particulières, à l’âge de dix-neuf ans, que je fus attentif pour la première fois. Je m’approchais sans trop de conviction toutefois, car ceux qui m’abordèrent n’étaient pas compétent pour me donner le témoignage.

Je dois tout de même avouer que cette faible expérience, inédite mais impur, m’ouvrait des perspectives mondaines. J’avais moins de méfiance envers les autres bien que ma confiance, accordée, soit toujours aussi candide. Depuis, je commençais à goûter la douleur, parce que même les saints ne mesuraient pas mon rapport sensible avec eux.

Au bout de ces quelques mois, je partis pour un engagement militaire sur le continent. J’avais une volonté naïve de découvrir le monde. Mais la volonté permissive que m’accordait le Seigneur était vraisemblablement pour mon brisement dans des situations qui s’enchaînèrent. Depuis un environnement propice aux difficultés, Il travaillait à me conduire vers une vraie conversion.

Ma tendance à faire confiance, m’a valu comme quand j’étais enfant, d’être encore abusé. Pour résumer, moi qui n’avais presqu’aucune expérience dans le monde, je connu la drogue, l’alcool, la violence, la maltraitance, la faim, les insultes, la rue et la pauvreté, les arnaques, les squats, et les trafics. Pas seulement : j’ai vécu l’abandon de ma famille et aussi « d’amis », la trahison à part et j’en oublie sûrement. Tout cela pendant une courte période de deux ans depuis mon départ pour la métropole : sacré travail de brisement.

Le jour où l’épreuve du retour commença, l’Esprit du Seigneur me parla audiblement, alors que ma vie était en danger. En effet, lors d’un énième trafic, j’étais trahi par un partenaire d’une seule virée : celui-ci avait comploté pour me livrer. Un groupe rival de celui auquel j’appartenais avait comploté avec mon acolyte, afin de se débarrasser de moi. Je ne m’attarderai pas sur cette anecdote car ce témoignage est bien assez long.
Deux ans après être parti, je retournais dans la dénomination où je m’étais approché du Seigneur la première fois.

L’appel à servir

Il s’est écoulé quelques mois entre mon retour en Martinique et celui en dénomination.
Après avoir renoué avec la secte, précisément trente jours, je fus baptisé d’eau au nom du Seigneur. Et en peu de temps, je me confiais en Lui, en confessant ma peine d’être sans talent pour Le servir. Il me parlait déjà beaucoup en ce temps, et la plupart des prophéties que j’entendais en réunion m’étaient adressées.

Je veux maintenant vous dépeindre quelques expériences qui sont des éléments de mon appel.

Je suis resté à peu de choses près, trois ans en dénomination. C’est dans cette période que je resterai, afin de contrôler la longueur de mon discours. A ma fameuse confidence, le Seigneur répondit :
« Ce que tu as, c’est l’intelligence pour Me connaître ». C’était en privé, j’étais alors invité à déjeuner par un couple de chrétiens. Il s’adressa à moi intérieurement par l’onction, et je fus dans l’excitation avec plusieurs confirmations du Seigneur, encore en privé.

Ce même mois, Il me rendit témoignage au milieu de tous ceux présents en réunion, que j’étais déterminé à Le servir. Il me prévint qu’il me fallait d’abord chercher Son royaume et Sa justice. C’était Sa réponse à mon engagement particulier, la veille du culte du dimanche. Vous vous doutez, puisque je Le sers aujourd’hui que Sa grâce envers moi s’est réalisée.

Un autre jour que je me reposais, je fus réveillé par un brouhaha intérieur. D’un coup, dans mon intelligence, je fus surpris par l’annonce d’un mystère : « ministère de vie ». C’était la seule chose intelligible que je pouvais retenir en fin du discours rapide « en langues ». A ce moment, je ne saisis pas ce que cela signifiait : il me faudrait attendre l’année suivante pour commencer à comprendre.

Deux mois avant mon baptême dans le Saint-Esprit, nous avons reçu un invité, pour un séminaire. C’est grâce à une prophétie, ce jour, que je fus guidé dans ma compréhension de certaines caractéristiques de l’appel. Ce frère demanda à « l’ancien » présent de l’assister, m’imposa les mains avant de prophétiser. Il me dit : « Dieu voit déjà ton grand désir de détruire « des choses » et Il te donnera l’autorité pour cela. Il se servira de toi pour faire « des choses » dans l’Église ; les gens parleront, mais ne regarde pas ta jeunesse ».

Deux mois plus tard, lors d’une réunion du dimanche, je fus saisi et tombais ivre d’amour. C’était mon baptême dans le Saint-Esprit, et le jour dès lequel les épreuves difficiles commencèrent. Cela se produit au moment d’une prophétie qui disait en substance, que Dieu est fidèle et puissant pour accomplir Sa promesse envers moi. Vous comprendrez que mon attention n’était pas tant sur ce message que sur le moment lui-même. J’étais submergé d’amour avec une reconnaissance que je ne pouvais confesser à hauteur de la révélation. Mais cela ne m’empêcha pas de glorifier Sa fidélité.

Les trois ans qui suivirent, même après être parti, furent les plus difficiles de ma vie, jusqu’à présent. Pendant la période en dénomination, le Seigneur continuait encore à me parler de bien des manières. Mais je reste sur les manifestations extérieures afin de limiter la longueur de ce témoignage. Un témoignage avant tout destiné à me crédibiliser, non à révéler des éléments que certains ne mesureraient pas.

Il me dit à l’occasion d’un autre dimanche : « Personne ne connaît ta souffrance mais ne te décourage pas. Nul ne travail sans être rémunéré, et toi, c’est pour une bénédiction spéciale ». Ce jour encore, comme à d’autres moments, l’Esprit me saisit dans l’amour du Seigneur avec une grande consolation.

Un autre jour, Il me donna une vision à demi-réveillé sur mon lit. Peut-être écrirais-je dessus dans un jour. Les représentations et le message dans cette vision seraient beaucoup trop longues à dérouler. Sachez seulement que c’est à cette occasion que le Seigneur me fit connaître Sa volonté d’une nouvelle consécration à l’Église.
Durant cette période, Il me parla encore, et ma foi fut méprisé bien des fois.

Sortir du protestantisme

En sortant de la dénomination où je me réunissais pendant trois ans, j’étais dans un état lamentable. Un des derniers soirs où je pénétrais le bâtiment de réunion, au plus haut de ma détresse, fut un tournant. A cette époque, le diable venait aussi quelques fois avec des tentations suicidaires.

L’Esprit de prophétie dit : « le diable vole à quelqu’un tout ce que je lui donne ». En entendant cela, mon cœur fit un bon et s’emballa : j’étais la victime. Mais j’hésitais car le diable tentait encore ici de me voler ma délivrance. Il m’avait réduit à l’amertume et j’étais fatigué par les oppositions, les critiques et le mépris dans la secte. Seulement, je savais aussi que le Seigneur voulait que je m’avance encore une fois selon l’appel, ce qui je fis.

Je ne vous expliquerai pas ici comment le malin vole les bénédictions (litt : bonnes paroles). Vous savez par les Écritures que cela fait partie de ses œuvres. Au moment où je m’avançais, la ruse du diable pour me voler encore une fois, avait échoué. Après cela, je ne pouvais plus me considérer « de ce lieu ». J’étais comme un virus que le système cherchait à éradiquer ou à soumettre. L’Esprit ne pouvait garder mon dépôt de vie, là où la mort dominait, dans une secte de la chair.

Peu de temps après mon départ, Il me montra combien le chemin serait long, pour quelqu’un d’aussi pressé que moi. Et en quelques instants, je m’humiliais pour entrer dans un nouvel engagement de confiance dans l’Alliance qu’Il me confirma plusieurs fois. Il travaille dès lors, avec ma coopération, à mon brisement, et l’édification de Son royaume de justice en moi.

Il a commencé par fonder certains éléments comme la révélation de Son sang, et bien d’autres choses par la suite. Mais rien de s’est construit sans combat pour ces transformations. Je fus confronté à divers courants de pensées dans la chair, en amont des déviances contraire à la saine doctrine. Ces épreuves étaient nécessaires, afin d’être renouvelé dans la grâce, en rejetant les œuvres de la chair par la croix et la parole de vie.

C’est sans doute cette sanctification de la vie qui dérangeait déjà auparavant, dans le milieu protestant. Je prenais déjà plaisir à chercher Le Seigneur personnellement. Et au-delà de toutes les choses qui m’agressaient par mon discernement spirituel, je suivais ma conscience. Aujourd’hui, je sers Christ contre les forteresses des raisonnements babyloniens, contre les ténèbres de la chrétienté dans les pensées. J’appelle les saints à une nouvelle consécration en déblayant leur conscience par la lumière de la vie.

Le Seigneur m’a dit que les traumatismes que je traversais et la consolation à laquelle j’avais part, étaient une grâce pour servir. Si je suis affligé, c’est pour la consolation (délivrance) dans la grâce, de ceux qui sont affligés comme moi je l’étais. Ce ministère de vie est un ministère de délivrance : on me l’annonçait, hors dénomination. Mais jusqu’à ce que je sorte du protestantisme, j’avais peine à associer cet élément caractéristique au reste.

J’ai ma part des souffrances de Christ pour approvisionner le Corps de Christ avec les saints. Je travaille avec tous ceux qui Le cherchent en portant Son témoignage, comme les frères qui Le servent.

Je dois dire par expérience, que mes pires épreuves sont les abandons, les trahisons et l’ingratitude de ceux à qui servent nos sacrifices. C’est la façon dont je les ressens. Seulement, mis à part Sa mort sur la croix, c’était aussi les grandes épreuves du Seigneur Jésus sur la terre. Considérant que supporter les épreuves est la porte ouverte à la grâce et au royaume, je glorifie le Seigneur. Je progresse dans la communion de Ses souffrances à cause de laquelle, je suis séparé de la corruption.

Cette année 2017, j’ai été blessé par un frère, l’un des rares que j’ai appelé ami dans ma vie. Il est aussi le plus ancien parmi ces rares. Mais je m’en suis remis avec la grâce du Seigneur et la présence à mes côtés de ma meilleure amie. Elle est pour moi, une sœur, une fidèle servante, bien aimée du Roi. Je parle ailleurs de ce frère qui est l’instrument de mon plus grand trouble, jusqu’à maintenant. Vous aurez, si Dieu le veut, l’occasion de lire à ce sujet dans l’un de mes livres.

Vous remarquez sans doute qu’une bonne partie de mon témoignage concerne particulièrement mes souffrances. C’est parce que le protestantisme est un terrain de sable, où le malin s’infiltre par de nombreuses brèches. Il agit, afin de vider le Corps de Christ de Son expression. Après son passage, il ne laisse qu’une illusion charnelle de la spiritualité, à des hommes sans vrai discernement. Voici ce que je dois combattre.

En fin de compte, je suis ouvrier du Seigneur. Il m’a appelé en me disant  » Délivre ceux qu’on traîne à la mort, Ceux qu’on va égorger, sauve-les !  » [Proverbes 24 :11]. Tout ce qu’Il m’a dit, bien plus que mon discours d’aujourd’hui, est la force d’une épée contre la mort.

En tout cas, je vous prie de reconnaître mon épreuve, et le témoignage de Christ. Je suis éprouvé par la croix afin de servir dans la vie, par Son Esprit.
C’était mon témoignage ; suivons ensemble le Seigneur : que la grâce soit avec tous les frères, Amen.