Troisième chapitre de la troisième partie « L’Evangile du Vainqueur » du livre

Christ, c’est Dieu qui règne dans un Corps pour Son service, et l’Eglise est l’extension du Corps de Christ. Le règne de Dieu à l’Eglise est le règne de Christ comme Tête, à cause de Son élévation au prix de Son obéissance. C’est Lui, le juste qui vit à l’Eglise en y amenant le royaume de Dieu pour Sa gloire. Christ est simplement l’expression de Dieu par le Corps dans la foi, c’est Lui qui vit en nous selon l’approvisionnement de Lui-même dans le Corps (grâce). Mais pour beaucoup de ceux qui ne connaissent pas vraiment le principe de la foi, l’expérience, la gloire de Christ, peut être synonyme de mérite personnel. Pour d’autres, elle est une permission rebelle ou encore un voyage vers l’enrichissement. Il est vrai que la foi est un moyen comme une démonstration des richesses de Christ, et que la grâce est ces richesses, mais il ne s’agit pas d’assouvir notre cupidité qui est de l’idolâtrie. Cette façon de penser est « la vision babylonienne », une captivité des convoitises et de l’orgueil qui sont opposés au règne de Dieu et de Christ. Les chrétiens charnels s’imaginent que Dieu soutient leurs visions impies et idolâtres, parce qu’il s’agirait de foi.

Le règne de Christ n’est pas un concept mystérieux pour ceux qui comprennent le principe de la foi et qui vivent selon l’Esprit. Savez-vous que le Seigneur Jésus a vécu par la foi ? Et Il a pu dire « le royaume de Dieu est au milieu de vous ». Si nous vivons par la foi en Lui, Son règne est aussi au milieu de nous (voir Jean 14 :10-13). C’est par cette grâce que nous avons l’assurance de vivre pour la gloire de Dieu comme L’a fait le Seigneur dans Sa vie et par Son ministère sur terre. Précédemment, dans « L’unité de Christ », je faisais un exposé très utile à la compréhension de cette suite.

Dans la vie du serviteur, l’expérience du royaume présente de nombreuses facettes qu’il serait présomptueux de vouloir toutes énumérer. Mais je veux inspirer les prières des saints à cause du fardeau de ceux que la grâce désigne comme des serviteurs dévoués. Dans « L’unité de Christ », je fais donc référence à l’amour de Christ : c’est Christ Lui-même vivant en nous comme source et motivation fondamentale de la vie et du service chrétien authentique. On appelle très facilement « vie chrétienne », une religiosité issue d’un christianisme sans Jésus-Christ, où Il est nommé, mais où Il est très mal connu et reconnu. Or, le vrai christianisme n’est pas religieux, mais il est plutôt une communion de la Personne même du Seigneur et donc une repentance des ressources issues de la corruption puisque le Seigneur est Lui-même la vie sainte éprouvée. Sans quoi, même en cherchant à faire l’œuvre de Dieu, notre travail est malgré tout impie, c’est-à-dire étranger à la vie de Dieu, et donc rejeté.

Notre chemin doit être celui de la croix : nous renonçons à la vie de nos âme (le vieil homme) et recherchons la vie de l’esprit comme source par la foi. Nous vivons selon l’Esprit pour le dépouillement des œuvres mortes, et nous confions nos existences à la grâce de Dieu en Christ-Jésus. Dans cette connaissance, il n’y a pas lieu de se glorifier. Maintenant, étant saisit par Jésus-Christ, nous vivons pour Sa vision, celle de l’économie de Dieu. Vous ne serez pas étonné de m’entendre dire que la volonté de Dieu est aussi la vision de Christ. Lorsqu’Il était dans la chair, Il ne cherchait pas Sa propre gloire, mais celle de Son Père en accomplissant la provision de la rédemption. Aujourd’hui, Il poursuit l’œuvre de Dieu par Son règne en nous. Notre disposition est éprouvée selon la vision de Christ pour qu’Il nous remplisse comme des membres de Son Corps par la sanctification : la transformation intégrale du caractère des saints dans la vie éternelle, Jésus-Christ Lui-même qui devient tout en tous. Alors voici que nous faisons les œuvres de Dieu par l’obéissance de Jésus-Christ notre vie et notre disposition intime, à la louange de la gloire de Sa grâce.

Nous savons que la disposition de Christ n’est pas égoïste, mais envers Dieu. Vous vous souvenez peut-être de Ses fréquents discours, lorsqu’Il disait qu’Il n’est pas venu pour faire Sa propre volonté, mais vous n’y avez peut-être pas prêté plus d’attention. Soyez conscient que faire la volonté d’un autre, même avec la meilleure des dispositions peut s’avérer être un sacrifice difficile à comprendre : Lui-même, le prince de la vie, ne voulait pas mourir quant à la chair. Personne ne pourra jamais mesurer ce que représentait pour Lui de donner Sa propre vie. Malgré cela, Il a mis le comble à Sa dévotion à cause du Père avec lequel Il est un dans l’amour. Il a pu dire : « Il est un baptême dont je dois être baptisé, et combien il me tarde qu’il soit accompli ! » [Luc 12 :50] ; Il parlait bien sûr de Sa mort. La disposition du serviteur de Dieu, selon la mesure de Christ dans son expérience, peut témoigner de Son amour avec gloire. Comme il est écrit : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » [Jean 15 :13]. Le Seigneur ajoutera : « Vous êtes mes amis si vous faites ce que je vous commande » [Jean 15 :14] ; et Son commandement, c’est que nous nous aimions les uns les autres comme Il nous a aimés en donnant Sa vie (Jean 15 :12).

Son règne est un règne d’amour pour la volonté de Dieu, et toute mesure du service authentique est à cause de Cette amour de Christ. En effet, c’est par obéissance à Son amour dans la foi que nous faisons l’œuvre de Dieu, comme il est aussi écrit : « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyez à celui qu’il a envoyé » [Jean 6 :29]. Après avoir cru, afin d’appartenir à Christ, nous devons accomplir Son œuvre par la persévérance dans la justice de la foi. Or, ce qu’Il veut c’est édifier l’Eglise par la transformation des éléments humains sanctifiés, afin que par l’approvisionnement de Christ nous atteignons jusqu’à Sa plénitude. Mais nous devons retenir que si Christ vit dans le serviteur, ce dernier vit un paradoxe : il jouit d’une liberté de la foi en opposition à la loi, un repos à l’égard de tout mérite des œuvres qui ne peuvent jamais aboutir à la justice de Dieu, mais il est dans la même foi selon la piété, incapable de trahir sa disposition à cause de la loi de l’esprit de vie. Le règne de Christ est donc l’obéissance du serviteur par la disposition de la foi de Christ (de l’amour). S’il est serviteur, c’est parce que Christ vit en lui pour faire la volonté de Dieu selon la mesure de Son règne dans le chrétien. La loi de Christ est un fardeau que doit porter le serviteur parce qu’ils sont unis pour la vision de Christ. La souffrance que Jésus a méprisée sera aussi endurée par les membres de Son Corps, pour les confirmer dans la foi sur le chemin de l’amour. Mais sachant qu’il n’a pas ce genre de disposition à la base, le chrétien devra recevoir les paroles de la foi pour l’approvisionnement de Christ, de la vision céleste. Là, il ne s’agit pas seulement d’entendre la parole, mais de recevoir la foi par la sincérité d’une disposition préalable (Matthieu 13 :23).

Nous ne devons pas être ignorant du fardeau de Christ, mais bien plutôt Le chercher et nous établir en Lui, afin d’être ceux qui Le soutiennent. « Et nous savons que toutes choses coopèrent pour le bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein » [Romains 8 :28]. Cela signifie que ceux qui L’aiment persévèrent dans Sa volonté. Alors réalisent-ils Son dessein à l’Eglise.

Ne soyons pas une génération hors du courant de l’Esprit, mais recevons la sagesse de Dieu en Christ. Ne soyons pas des membres sans vie (artificiels) dans le monde, mais comprenons ensemble quelle est la volonté du Seigneur pour coopérer à Son règne de vie aujourd’hui. Le Père veut que soit exprimée la gloire de Son économie, Sa plénitude, l’élément complet de Christ dans la création. Et c’est le fardeau de Christ, que de poursuivre le travail de cette gloire par l’unité des saints dans Son règne. Le seul obstacle à l’efficacité du ministère de Christ est le refroidissement de l’amour, la bonne disposition et le zèle, qui a produit un déclin abondant de l’Église durant quinze siècles. Mais grâce soit rendue à Dieu notre Sauveur au nom de Jésus-Christ notre Seigneur : Il s’est trouvé des serviteurs remarquables durant les siècles qui suivirent, qui sont entrés dans le courant de l’Esprit pour recouvrer progressivement la vérité, sans toutefois comprendre l’intention finale du Seigneur dans un cumul des choses recouvrées.

Nous rendons grâce pour ses frères et sœurs, car ils étaient les instruments de Dieu, chacun à leur époque. Mais maintenant, il nous faut comprendre que le recouvrement complet de la révélation doit aboutir dans l’unité des saints à une soumission locale du Corps de Christ. Je ne désespère pas, sachant que le Seigneur connaît ceux qui Lui appartiennent. Néanmoins, force est d’admettre que cette connaissance n’est pas très répandue, considérant le nombre de chrétiens hétéroclites, de groupes sectaires (à l’exemple des dénominations) et d’institutions religieuses qui n’ont pas la foi de Christ, malgré certaines apparences.

Frères et sœurs, qui partagez le fardeau de Christ à cause de l’amour, je vous exhorte : comme Il a porté nos fardeaux tout seul à la croix, portons avec Lui le Sien. Le Seigneur a dit que celui à qui on pardonne beaucoup aime beaucoup : reconnaissez avec moi, la grâce de Son immense salut qu’Il amène à la perfection, et dont nous jouissons avec saveur par l’Évangile. Car il révèle avec évidence le royaume qui est réservé pour la persévérance des saints et l’engagement des vainqueurs de Dieu, alors que Ce dernier prend Lui-même soin de nous.

Qu’avons-nous à faire en dehors de la vision céleste ? Christ s’occupe des affaires de Son Père, et Il recevra le bonheur et la satisfaction avec l’Épouse, l’Église dans l’âge à venir. Il marche devant nous : Il a persévéré dans la foi du Père sur la terre et a reçu Sa récompense dans l’âge présent, et Il persévère aujourd’hui en vue de la récompense de demain et pour la vie éternelle. Si nous nous occupons des affaires du Seigneur (car tout Lui a été remis par le Père), nous recevons aussi la récompense : Sa bénédiction dans cet âge comme prémices, une portion de Christ ; mais aussi le royaume de Dieu avec Christ pendant mille ans. Le fardeau du Seigneur est incommensurable, et Il souffre pour Son Espérance. Frères et sœurs, souffrons avec Lui pour l’Espérance de la gloire avec Lui. Comme il est écrit, « si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec Lui, afin d’être glorifiés avec Lui » [Romains 8 :17]. Suivre le Seigneur, c’est vivre pour la volonté de Dieu qui passe par notre fermeté dans la souffrance de Christ. Celui qui aime Dieu sanctifie son espérance dans Ses desseins sachant que c’est ainsi que sa foi est manifestée pour le service et la joie du Seigneur, et pour la gloire de Dieu. Le ministère du perfectionnement des saints est le renouvellement de leur intelligence pour une vision de Christ qui vise cette gloire.