Le sacerdoce est l’ensemble des fonctions dans la maison de Dieu. C’est un aspect de la vie d’Eglise, qui correspond au service de tous les membres en vue de l’édification des saints jusqu’à la plénitude de Christ.

J’ai souvent parlé des problèmes qui persistent dans la maison de Dieu : des conducteurs légitimes qui ont disparu des réunions, justement l’absence de réunions et d’assemblées aux formats scripturaires, des inventions humaines qui sont de pauvres matériaux pour édifier le Corps de Christ. Et ce ne sont là que quelques éléments témoignant d’un grand désordre.

Ici, nous parlerons de la fracture du sacerdoce, chose dont je parle de manière inédite dans ce livre. Les charges locales sont un sujet ancien : les anciens et les diacres, seules charges administratives scripturaires, sont déjà mal considérées. Mais leurs fonctions s’inscrivent dans une nécessité, pour la gestion de chaque localité, dans ces limites. Or, le sujet du chapitre est celui du ministère du Corps, de la capacité d’édification des membres équipés des dons et revêtus de l’appel.

L’œuvre des prophètes de l’Eglise à une place souvent prépondérante, surtout dans la branche pentecôtiste du protestantisme. Etant enseignant, un des deux ministères potentiellement extra-locaux avec les prophètes, j’observe que mon service est dans la vie, et pour la vie. Celui du prophète est surtout surnaturel ; sachant que les branches réfractaires à la doctrine du baptême du Saint-Esprit, ne peuvent par conséquents en être suiveuses.

Ma marche isolée du courant protestant fait que délivrances démoniaques, miracles, guérisons et prophéties surnaturelles sont rares dans mon environnement. Il n’y a donc pas d’équilibre ou de concurrence, entre ma profession d’économe dans l’enseignement, et les diverses manifestations surnaturelles.

A cause de la fracture dans la maison de Dieu en des groupes préférentiels, les enseignements importants sont écrasés sous la fascination surnaturelle. Alors une majorité des suiveurs de ce courant est sans réelle compréhension de la conduite de l’Esprit. Il est en tout cas certain que la branche surnaturelle ne peut se substituer aux enseignants compétents. Est-ce que je distingue deux branches du sacerdoce ? Malheureusement oui. Mais le Corps aurait dû être un, plutôt que divisé.

La prophétie particulière des prophètes à besoin du service de véritables enseignants. Non seulement pour prévenir les dérives de la saine doctrine, mais aussi pour que les églises profitent d’une édification spirituelle, une régulation doit être amenée par des interprétations (éclaircissements) du message. Les serviteurs appelés à l’enseignement, mais également tous ceux qui se posent en enseignants, seront jugés plus sévèrement qu’aucun autre dans la maison de Dieu. Est-ce que je mets l’enseignement au-dessus des autres services ? Non. Notons que le sacerdoce entier à vocation et utilité au Corps de Christ dans les localités. Ainsi, c’est en travaillant ensemble que nous édifions efficacement et correctement.

Les prophètes se révèlent être des chefs de file de la branche surnaturelle du ministère du Corps. Tandis que les enseignants sont ceux de l’enseignement de la doctrine. Et bien que chacun soit, dans leur limite, un canal de l’autorité du Seigneur, tous doivent collaborer. Les prophéties servent au réveil des saints, sous forme d’exhortations, d’encouragements, d’avertissements, de prédictions ou encore de réprimandes. Tout cela doit renvoyer à la volonté de Dieu, en conformité, ou du moins sans contradiction, avec le fondement scripturaire des premiers apôtres.

Maintenant, en distinguant les deux branches du sacerdoce, je ne parle pas uniquement des prophètes d’un côté, et des enseignants de l’autre. Je dis seulement qu’en considérant ce phénomène de division, nous avons aussi des sectes avec l’une ou l’autre des dominances.

Nous ne devons pas ignorer l’avantage surnaturel dont j’ai profité, mais je plaide en connaissance de cause pour l’enseignement. Non pour l’enseignement fondamental des éléments de la foi qui fait aussi malheureusement défaut, notamment par l’incompétence et l’immaturité des serviteurs équipés. Mais je fais bien plus référence à celui qui complète l’économie de Dieu.

Alors il est facile d’expliquer le déclin. C’est à cause de la fracture du sacerdoce en deux formations dans les courants impures.

1) Les saints rejettent la puissance économique afin de favoriser une vision religieuse du culte. Finalement, ils ne pourront constituer le sacerdoce et la vie d’église en entiers, car ils ne se sont pas laissés pourvoir des dons spirituels, non plus que de la puissance. C’est ce que sont les baptistes et les adventistes du courant protestant.

2) Les saints, cette fois, ont tendance à se glorifier des manifestations surnaturelles, et sont enclins à justifier leur culte dans ce bain démonstratif. Ceci ne laissera que des enseignements dénués de grâce, trop subjectifs, dans un environnement dépendant des manifestations. Comme ces sectes particulières sont conduites par des ouvriers-prophètes, la qualité et la profondeur des enseignement feront fatalement défaut aux saints, et aussi à eux-mêmes.

J’étais moi-même dans une dénomination pentecôtiste, où les enseignements n’étaient pas au niveau du fondement des apôtres, mais où le service démonstratif satisfaisait et faisait grande illusion de la gloire de Dieu. Je crois alors que cela explique l’engouement de ces adeptes pour les ambiances euphoriques. C’est là leur opium, quand ils se dirigent, candides, à travers la large porte de perdition. En effet, ils ignorent le chemin incontournable qui n’est pas enseigné, ou qui n’est pas retenu, faute d’amour de la vérité et de zèle pour la justice. En vérité, ils manquent de la crainte salutaire d’être séduits par les hérésies.

Lorsque la branche surnaturelle s’hypertrophie, elle fait des sectes qui ne peuvent satisfaire le plan de Dieu. En effet, les saints justifient spontanément le service impressionnant et démonstratif, comme si cela témoignait de la justice de Dieu. De plus, leur évident manque de connaissance scripturaire ne freine pas leur course. J’ai vu combien les démonstrations en elles-mêmes suffisaient à construire une réputation de maturité spirituelle, face à de tels adeptes. Mais le Seigneur n’est pas dupe de leur injustice.

« Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom ? N’avons-nous pas chassé des démons par ton nom ? Et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom ? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. C’est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison : elle n’est point tombée, parce qu’elle était fondée sur le roc » [Matthieu 7 :22-25].

Comprenez-vous ? Ce n’est pas pour élever l’enseignement au-dessus du service surnaturel, mais pour démontrer que l’obéissance permise par l’enseignement de la justice sur fondement de la grâce et de la vérité, est ce qui nous voudra la louange du Seigneur. Mais voyez que les manifestations en elles-mêmes ne sont pas une preuve de justice. D’ailleurs, c’est ce principe que le Seigneur justifie dans l’épître à l’église de Philadelphie, quand Il dit « Je connais tes œuvres. Voici, parce que tu as peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n’as pas renié mon nom, j’ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer » [Apocalypse 3 :8].

Ce que le Seigneur veut de la maison de Dieu, c’est qu’elle se soumette à la formation locale de l’Eglise, selon le fondement des apôtres. Dans cette soumission locale, nous avons un sacerdoce entier, capable d’édifier le Corps de Christ. Mais il est difficile de trouver pareil enseignement dans le protestantisme. Et pourquoi ? Simplement parce qu’aucune des deux branches ne veut admettre la légitimité de l’autre, et abandonner sa dominance.

C’est en cela que le recouvrement est glorieux : c’est la réconciliation des deux branches. L’établissement des évêques (litt : surveillants) dans chaque localité aurait dû servir à prévenir cet orgueil et cette division. Mais les ouvriers, ignorants ce principe, ont construit des hérésies autour d’eux. Les « sans puissance » ont tout fait pour ignorer l’élément surnaturel au profit d’une sagesse religieuse. Et les « fascinateurs » ont surexploité l’assurance qu’apporte les diverses manifestations.

A vrai dire, les révélations d’une « volonté dérangeante de Dieu » sont tues, par crainte de la réforme du recouvrement du Seigneur. Est-ce l’œuvre d’ouvriers méchants et incrédules ? En grande partie. La révélation peut être donnée soit au travers du prophète qui doit servir les saints, en amenant un fondement du réveil auquel devront travailler les enseignants fidèles. Elle peut être aussi confiée à ces derniers qui devront convaincre, même sans l’élan surnaturel et la portée de l’œuvre prophétique. Mais le don du prophète est inestimable pour le recouvrement, de même que tous les autres dons miraculeux dans l’édification et la vie d’église recouvrée. Et le malin travaille dans la chair, afin de contrecarrer ce recouvrement. Sachez que ceux qui obéissent à une révélation essentielle ne pourraient communier dans les sectes du protestantisme, encore moins dans le vaste courant catholique.

Les saints n’ont pas compris que les manifestations, et en particulier les prophéties, sont des mystères dont les enseignements sont l’explication. Ceux qui appartiennent à la branche surnaturelle, et dès lors, qui sont enracinés d’orgueil dans la chair, s’appuient sur des choses extérieures. Je crois que les prophéties servent, en autres, d’approvisionnements efficaces dans le courant de la volonté de Dieu, en amont.

De l’autre côté, ils n’ont pas non plus discerné les limites d’un culte sans l’approvisionnement surnaturel. Ils n’ont pas réalisé l’avantage, l’élan et la portée du réveil dont font profession les prophètes fidèles. Au reste, le service des dons miraculeux et l’apprentissage du combat dans la prière, sont des armes efficaces pour atteindre le Christ tout-inclusif. Or, moi qui suis un enseignant dont les premiers temps du salut se sont écoulés dans la branche surnaturelle, je l’ai compris. Alors je peux capter la pleine révélation d’un passage comme le suivant.

« La barque, déjà au milieu de la mer, était battue par les flots ; car le vent était contraire. A la quatrième veille de la nuit, Jésus alla vers eux, marchant sur la mer. Quand les disciples le virent marcher sur la mer, ils furent troublés, et dirent : C’est un fantôme ! Et, dans leur frayeur, ils poussèrent des cris. Jésus leur dit aussitôt : Rassurez-vous, c’est moi ; n’ayez pas peur ! Pierre lui répondit : Seigneur, si c’est toi, ordonne que j’aille vers toi sur les eaux. Et il dit : Viens ! Pierre sortit de la barque, et marcha sur les eaux, pour aller vers Jésus. Mais, voyant que le vent était fort, il eut peur ; et, comme il commençait à enfoncer, il s’écria : Seigneur, sauve-moi ! Aussitôt Jésus étendit la main, le saisit, et lui dit : Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? Et ils montèrent dans la barque, et le vent cessa. Ceux qui étaient dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent : Tu es véritablement le Fils de Dieu » [Matthieu 14 :24-33].

Nous lisons ici une scène qui fascine beaucoup. Mais quel est l’enseignement de cette manifestation dans l’Ecriture ? que nous révèle exactement l’Esprit ? C’est là tout l’intérêt de l’enseignement, sans lequel la révélation reste un mystère pour la plupart. Certains se contenteront d’une anecdote sur la puissance de Jésus, quand d’autres commenteront ce passage sans comprendre le message caché. Ils seront peut-être impressionnés en lisant et en s’imaginant la scène. Et c’est là souvent tout l’intérêt qu’ils trouvent dans cet exercice. De plus, même si l’interprétation correct d’un mystère n’échappe pas, il doit pouvoir être dispensé habilement, dans un ensemble d’enseignements cohérents et continuent. Or, les deux branches du sacerdoce échoueront sans conciliation des valeurs.

La révélation du prophète est une première lumière sur la réalité, que l’enseignement rend accessible au commun des saints pour l’expérience de Christ dans la vie. Qu’il s’agisse de prophéties, de songes, de visions ou simplement des Ecritures, c’est selon la mesure d’une interprétation pour la foi, la substantialisation de la réalité, que les saints sont édifiés.

Quand j’étais protestant (pentecôtiste), je réalisais la valeur de la grâce par les dons spirituels de puissance et d’inspiration. Mais très vite, l’adultération de la parole et les limites des enseignements me sautaient également aux yeux. Pourtant, je crois que Dieu voulait que je passe par là : Il me l’a prouvé par toutes les expériences dans lesquelles j’ai été conduit. J’avais d’ailleurs l’impression, dès ces temps, que tout servait à un apprentissage particulier de l’Esprit. Et depuis maintenant quatre ans et demi, à chaque révélation, je profite de la conciliation des valeurs : c’est cela l’édification. L’Esprit de Dieu me montrait auparavant que l’heure était venue de quitter les sectes, car j’y perdais les richesses qui m’étaient destinées pour le service fidèle. Mais il faut admettre que sans ce passage voulu par le Seigneur, je ne pourrais pas enseigner à ce niveau d’excellence.

Le recouvrement que le Seigneur veut, afin d’édifier Son Corps collectif, est la réconciliation des branches du sacerdoce. Alors tous les saints profiteront d’un formidable élan et d’armes efficaces sur le chemin de la justice de Dieu, jusqu’au bout de la course.

 

Conclusion

Dans ce livre je parle des choses qui sont, bien plus que de celles qui seront. Pourtant, son contenu sert d’avertissement, de chemin et de signes pour les saints.

Nous sommes chrétiens, c’est pourquoi mon discours ne développe pas les innombrables atrocités et abominations, ni les sujets vains qui intéressent la masse des hommes naturels.

Je ne développe pas le sujet de la grande tribulation qui vient, ni celui de l’âge à venir ou du royaume éternel. Mes deux premiers ouvrages publiés sont désignés pour cette connaissance. Ici, mon souci est de réveiller la conscience de ceux qui peuvent encore entendre la vérité.

Je suis persuadé, parce que l’Esprit m’inspire dans cette assurance, que le Seigneur est très proche. Dans notre temps, depuis David Wilkerson, des saints ont reçu des visions sur la tribulation de la fin de l’âge. Pourquoi Dieu nous préviendrait-Il d’évènements qui ne sont pas pour cette génération ?

Ceux qui ne comprennent pas ce temps diraient au mieux, que c’est pour le relai d’un esprit vigilant. Et si je vous disais que je connais quelqu’un qui s’est vu dans la tribulation, suppliant pour la miséricorde. Un autre encore me voyait dans sa vision, j’étais semble-t-il serein, alors que lui, était paniqué en fuyant la persécution.

Le Seigneur disait que les juifs n’avaient pas de repentance lorsque le Père envoyait Ses serviteurs pour les prévenir. Et alors que Dieu a des prophètes et d’autres serviteurs inspirés à l’Eglise, j’ai pu observer la torpeur et l’incompréhension des saints. Quand l’Esprit dit « humiliez-vous, humiliez-vous ! », tous, ou presque, chantent et dansent de joie. Est-ce la lumière qui est trop faible ou les consciences qui sont opaques ? Je crois qu’ils se réfugient spontanément dans une assurance des manifestations.

Aujourd’hui, Il nous prévient de nombreuses choses, mais qui est intelligent pour comprendre ? Qui est sage pour chercher Sa communion et Sa justice ? C’est ce que je vous propose de connaître et de poursuivre par ce ministère de vie.

Dieu a éprouvé mon zèle pour cette œuvre, pas seulement pour l’écriture de ce dernier livre, mais dès le début de mon engagement dans le baptême. Si vous avez lu mes deux premiers ouvrages publiés, alors vous savez en quoi elle consiste. Ce n’est pas un passe-temps, ni un travail rémunéré dans la chair ou de vains discours. C’est le Seigneur que je sers, et ma récompense est dans les cieux.

Je sais que certains sont incapables de me recevoir, parce qu’ils ne peuvent pas entendre la parole de Dieu. S’ils me recevaient, ils recevraient le Seigneur Lui-même, mais ils ne me reçoivent pas afin que leurs ténèbres montrent qu’ils ont fait naufrage. En tous cas, la puissance du service augmente dans la vie, à mesure de ma propre croissance.

Dieu est juste et prudent : tous auront l’occasion de recevoir la parole de vérité, et de se réveiller du sommeil de l’ivresse dans la corruption. Il ne sera trop tard que pour ceux qui épuiseront la capacité de leur conscience par l’endurcissement. Et ce n’est pas une chose que nous pouvons contrôler : c’est de nos œuvres cachés qu’il s’agit. Ceux-là, sont réprouvés dans le jugement à cause de leurs véritables dispositions de cœur devant la vérité.

L’esprit du ministère cherche à restaurer les saints qui ont encore un cœur pour la vérité, afin qu’ils fuient les ténèbres de l’âge mauvais par l’obéissance. Tout ce que je peux faire, c’est éclairer ces quelques enfants de Dieu, mes frères et sœurs, pour une nouvelle consécration, la vision céleste. C’est toujours Lui qui amène les vainqueurs jusqu’au bout de la course, seulement, ils auront été éprouvés par l’Esprit de vie qui est dans le ministère, avant d’être approuvés.

Je serais, par la grâce de Dieu, persévérant jusqu’à Son retour. Peut-être que certains d’entre vous, l’accueilleront avec moi, dans l’assurance d’une conscience pure. Que la grâce, à cause de la miséricorde du Dieu béni éternellement, soit avec tous, Amen.