Comme le renouvellement de la vie, la croissance, va de gloire en gloire, ainsi en est-il du chemin de la mort. Elle progresse par degré de péchés dans les ténèbres, jusqu’à la consommation de la mort dans la chair.

L’homme de la chair ambitionne et convoite naturellement, vivant par les ressources impies de son âme. Il cherche constamment une issue à ses tendances charnelles, afin de réaliser (d’assouvir) ses œuvres, et il épuise ainsi son énergie psychique. Avant de devenir chrétien, tout homme a cela en commun.

Cette satisfaction est comparable à une faim assouvit. Elle est le gonflement à tout heure et l’animation psychique à cause des choses du monde. Bref, elle est souvent confondue avec la grâce, mais est en réalité tout le contraire. Dans l’homme animique, cette satisfaction est le parallèle illusoire des choses positives. On pourrait par exemple être pris d’une joie qui n’est pas spirituelle, mais bel et bien charnelle. Pourtant, la joie est un des caractères de Christ pour notre jouissance dans la communion de l’Esprit, or, ce qui est de la chair est ténèbres qui va à la mort. Alors on distingue l’influence extérieure, de la grâce qui est intérieure.

La maitrise de soi, la sagesse pratique, intervient ici. Plus le chrétien gagne en maturité, et plus il sera à même de discerner les deux courants, jusqu’à clairement différencier leur source respective, et enfin, en maitriser les flux. Mais il n’est pas difficile de faire la différence entre intérieure et extérieure. Par contre, nous pouvons négliger de la faire, et vivre au gré du monde.

Il peut aussi arriver que l’homme spirituel, qui sait normalement distinguer ces courants, néglige ou se montre incapable de maitriser le flux charnel. Alors on peut dire qu’il manque de sagesse. Il s’expose à différents éléments extérieurs, et contre balance à d’autres moments dans la communion de l’Esprit. Malheureusement, ses faiblesses particulières le feront céder à la convoitise. La raison est que l’eau douce et l’eau salée ne peuvent toutes deux jaillir de la même source.

L’homme animique éprouve du soulagement à satisfaire la chair, car il vit selon les choses extérieures. Il est conduit par une vision des convoitises. Un type d’individus qui a un trouble de la personnalité agit strictement de cette façon : les psychopathes. On dit d’eux, qu’ils ont un déficit de conscience, et qu’ils sont capables de remplir une journée en ne suivant que leurs désirs. Laissez-moi vous dire que ce n’est là qu’un contraste observable à un niveau purement humain (charnel), mais en réalité, c’est la part de tout homme animique. Au niveau spirituel, l’homme charnel ne ressent pas les exigences de la justice, ni le besoin de sainteté, ou alors très peu et pas souvent.

Concrètement, la communion des œuvres de la chair peut être agréable à l’homme animique, ou pénible pour l’homme spirituel. Ce dernier, même s’il devait y participer, par faiblesse et négligence, à un sentiment de la mort, un discernement spirituel. Il a conscience de son besoin de miséricorde, pour la restauration de celui qui s’est enlisés dans ses faiblesses, et de grâce abondante pour la sainteté.

La musique, les spectacles, les publicités, les médias, les interactions, bref, toutes perceptives des sens, sont de potentiels éléments d’affects négatifs ou faussement positifs. Ces choses ne sont pas destinées à sensibiliser les hommes contre leur caractère pernicieux, mais véhiculent les ténèbres à destination de la mort, sous couvert du divertissement ou d’autres choses. La vision de cette mort est marquée au passage par des œuvres iniques, des vanités, des mauvais désirs, des pensées impures et toutes sortes d’œuvres infructueuses des ténèbres. Ce potentiel des œuvres mortes existe pourvu que les choses extérieures entrent en résonnance avec la vie de l’âme, le vieil homme.

Un examen rétrospectif des expériences peut nous instruire sur nos accès charnels privilégiés, ce que j’appelle « les excitants de la chair ». Lorsque nous « goûtons » spontanément aux choses du monde, ou « en prenons l’odeur », nous glissons dans le courant. Nous avons bien du mal à estimer les conséquences de cet incident, mais elles existent. Non seulement, les œuvres mortes comme le péché et la prétention, mais nous portons avant tout la marque de la mort dont les ténèbres travaillent à épuiser la grâce.

Après que l’homme animique se soit satisfait dans la mort, soit par le péché ou soit par toute autre œuvre morte, il se repentira ou sauvegardera les ténèbres. Se repentir signifie non seulement réaliser que nos œuvres sont impies, mais aussi chercher une restauration de la vie. Sans cela, nous sommes du genre à nous replier dans la défaite au lieu d’assumer nos faiblesses en apprenant la leçon du besoin de la vie.

Sauvegarder nos ténèbres se manifeste par la justification des pensées impures. Ceci représente un checkpoint de la mort, la garantie de retrouver une communion semblable ou plus poussée. Celui qui agit ainsi est comparable à un tueur en série, lequel tue, et revient sur les lieux du crime afin de le revivre. C’est encore semblable au comportement d’un toxicomane qui cherche régulièrement sa dose pour jouir, ou tout du moins pour soulager son envi.

Il peut arriver que nous soyons victimes de nos faiblesses, mais nous ne devons pas persévérer dans les ténèbres en les sauvegardant. Comme il est écrit, « Quiconque est engendré de Dieu ne pratique pas le péché, par ce que la semence de Dieu demeure en lui ». Cela signifie que nous possédons un désir spirituel qui nous porte à la sainteté dans la vie. Reste à chercher cette grâce, plutôt que de choisir le chemin de la mort.

Par exemple, un chrétien rencontre un ancien camarade de débauche. Ce dernier se trouve être aussi débauché qu’auparavant, et lui propose une virée ce jour. A ce moment, le frère est entrainé par la convoitise, sans force. Il accepte l’invitation, et justifie ce chemin de ténèbres par des pensées de limitation. Mais bientôt, il se rend compte qu’il s’est aventuré sur ce chemin au-delà de ces pensées prétentieuses : le péché apparaît évident. C’est parce qu’il est croyant, par la lumière divine, qu’il réalise ce peu. Mais il assouvira sa convoitise.

Le frère est maintenant devant une autre tentation. L’homme lui dira : « on se la refait vendredi ? » (Soit il se repentira, soit il sauvegardera les ténèbres. Dans le deuxième cas, le chrétien s’avérera être animique, vivant pour la satisfaction de la chair.) En chrétien charnel, il répondra : « super, on garde le contact ! »

Une autre alternative serait qu’il décline la proposition, car sa conscience le lui reprocherait. Mais une repentance efficace implique qu’il travaille à la restauration de la puissance de la vie sainte. Nous pouvons soupçonner qu’il était déjà négligeant, par une communion de la vie insuffisante. Il se pourrait qu’il tombe à nouveau : pareil échec est une repentance incomplète. Il n’aura de toute évidence pas appris la leçon : soit il ne réalise pas son besoin de vie, de la semence de Dieu, soit est oublieux ; il pourrait manquer de soutien, ou alors il est paresseux. Mais retenons que « Quiconque est engendré de Dieu ne pratique pas le péché », signifie en fait « ne pèche pas par habitude ». Les faiblesses sont humaines, mais nous pouvons vivre une vie sainte par la grâce de Dieu, dans la communion de l’Esprit de vie.

Là, il ne faut pas omettre un élément souvent crucial : le soutien des frères. L’Eglise locale sert à cela, entre autres. Un chrétien, même spirituel, ne résistera pas longtemps à ses propres faiblesses face aux excitants de la chair. Il perdra la disposition d’un bon comportement, dans une mesure. Peut-être qu’il comptera sur une communion de l’Esprit pour la grâce d’une puissance de vie, mais il verra sans doute ses propres limites. En effet, nous pouvons vite nous décourager dans cet exercice personnel, et le malin guette l’occasion de nous dévorer. Mais Dieu, dans sa grande sagesse, a prévu un moyen inépuisable pour nous garder.

En psychologie, on admet que nos relations régulières avec des personnes morales nous corrigent, car elles ont des rôles de « surveillantes ». Et il se trouve que les anciens, une charge de dirigeant établit selon le fondement des apôtres, ont cette fonction. Sachant que les autres saints, ont normalement une influence positive dans la vie d’Eglise qui transcende celle de la société impie. Vous l’aurez compris : le salut d’un bon comportement est dans la communion fraternelle locale.

Cette surveillance n’est pas le seul facteur. Le soutien des frères comprend la grâce du service, surtout celui des serviteurs de la parole. La communion locale est réellement le principe d’après lequel la grâce abonde. Chaque frère est normalement un vecteur de vie, selon qu’il soit spirituel d’une part, et doué d’autre part.

L’homme animique est celui qui vit selon les choses extérieures, qu’il soit régénéré ou non. Il n’est pas soumis au Saint-Esprit qui produit la vie sainte par grâce à l’Eglise. Au contraire, pareil individu vit selon la chair, une marche des sens, incrédule aux choses d’en haut. L’homme naturel, le non-croyant, est né animique, alors que le croyant peut être spirituel ou charnel, c’est-à-dire fonctionnant en animique.

Malheureusement, l’Eglise sur la terre compte beaucoup de chrétiens charnels qui ne peuvent pas jouir pleinement de la vie, ni soutenir réellement les frères. Mais le vainqueur est celui qui peut tirer le vrai malgré l’abondance du faux, afin de vivre et de servir adéquatement. Nous devons chérir l’espérance d’une vie d’Eglise scripturaire. Seulement, les nombreuses dénominations sont un coup sévère contre ceux qui veulent non seulement jouir de la vie, mais obéir à la foi du Saint-Evangile.

 

 

Penser au-delà du voile

« Ainsi, puisque Christ a souffert dans la chair, vous aussi armez-vous de la même pensée – car celui qui a souffert dans la chair en a fini avec le péché -, afin de vivre, le temps qui lui reste dans la chair, non plus selon les convoitises des hommes, mais selon la volonté de Dieu. Car le temps passé vous a suffi pour accomplir les désirs des païens, ayant marché dans les dérèglements, les convoitises, la luxure, l’ivrognerie, les beuveries et les idolâtries illicites » [1 Pierre 4 :1-3] (version recouvrement).

Mise à part la grâce dans la vie d’Eglise, dans la localité, Dieu utilise un moyen universel pour nous sauver de la corruption. Ce terme « sauver », n’est pas anodin. La maturité spirituelle s’acquière en passant par la souffrance du péché qui nous aura permis de comprendre qu’en nous-mêmes, nous sommes vendus au péché. Après cette révélation de notre misère, nous pourront recevoir une connaissance et une grâce plus profonde.

Nous apprendrons que nous sommes faibles pour la justice de la loi, selon notre propre mérite. Selon la grâce de Christ, nous sommes justes et saint. Par contre, notre naïf espoir dans la chair par la connaissance du bien et du mal doit-être brisé. La chair, c’est-à-dire nous-mêmes dans le monde, est sans force devant les vraies exigences de la loi de Dieu. Nous ne pouvons pas satisfaire la justice en endossant la responsabilité de l’obéissance de la loi. Et nous sommes condamnés tant que nous prétendons être capables d’une telle satisfaction de la justice à l’égard de la loi.

Prétendons-nous que Christ n’avait pas à mourir pour nos péchés ? Car si nous revendiquons la justice de la loi, c’est que nous nous disons sans péché, et que nous y sommes parvenus à tout instant depuis notre naissance dans la chair. En vérité, peu importe que nous ayons commis à notre connaissance un ou dix mille péchés. La chair n’est qu’un producteur incessant d’œuvres mortes.

En effet, soit nous ignorons la vraie nature de la chair, soit le sachant, nous nous y complaisons, ou alors nous oublions la volonté de Dieu : notre sanctification. Or, la solution de Dieu est la croix, pour le dépouillement de la chair étouffante afin que paraisse la gloire juste et sainte de Christ. Concrètement, nous exprimons Son amour, Ses œuvres, Sa joie et même Sa colère ; et ce ne sont que des exemples de l’universalité du caractère de Christ. Mais c’est bien Christ et nous-mêmes qui nous relevons de la mort de la croix, ou plutôt, nous nous relevons en Lui.

D’abord, nous devons contempler le modèle de Christ dans les Ecritures et dans le témoignage de Ses serviteurs fidèles. Si nous croyons et aspirons à ce modèle, alors la croix nous est indispensable.
C’est en effet par la souffrance que Dieu nous dépouille, mais pas n’importe comment. Il s’agit des souffrances de Christ, un brisement qui produit la sainteté, un rayonnement de Christ qui remplace l’expression de la mort. Ce ne sont pas par des résolutions que nous pouvons porter un fruit qui plait à Dieu.

Ce genre d’efforts est et ne produit que des œuvres mortes au travers de la chair. Et pour libérer la vie de l’esprit, au-delà du voile, de la chair, il nous faut souffrir comme Christ a souffert. C’est l’œuvre de Dieu, cela ne vient pas de nous : la sainteté est dans ce cas comme le salut. Tout ce qu’il nous faut, c’est la foi d’une disposition, à cause de la connaissance de notre Seigneur Jésus-Christ.

Alors, voulons-nous marcher selon la chair, avec nos pensées sur les choses de la chair, en vue des convoitises et de la débauche ? Ou allons-nous comme Christ mépriser tout cela, l’estime de la chair, les convoitises, la honte et toutes souffrances ?

Prions pour le dépouillement de la chair, sachant que Dieu ne manquera pas d’agir. Mais nous devons admettre que sans la connaissance de Christ, nous serons aussi sans la puissance de Sa résurrection pour la sainteté et même le fruit de la lumière, malgré Sa discipline. En fait, Dieu nous éprouve chaque jour, sans que nous ne soyons forcément soumis dans Sa discipline. Nous sommes attachés au monde et aux choses du monde par la chair, et désobéissons de cœur à l’Evangile. Certains demanderont « comment se fait-il ? »
En vérité, nous devons faire le choix de la vie par une espérance de la conformité à Christ par la foi. De plus, nous devons estimer la croix au-dessus des convoitises, de toutes affections humaines quel qu’elles soient, et de nous-mêmes.

Christ est mort « hors de la porte » (Hébreux 13 : 12) : cela veut dire que Son œuvre n’est pas accompli pour perpétuer la loi, représentée par la Jérusalem terrestre dans le judaïsme. Elle s’accomplit dans la sphère de la loi, mais hors de la porte, pour tous ceux qui croient. Mais que nous devions aller « hors du camp », à Sa rencontre, signifie qu’Il n’est pas dans la loi, même dans la suite, car Il a vraiment tout accompli à la croix, distinctement des « ombres anciennes ». C’est en cela qu’un culte de la loi par la chair diffère du fruit de l’Esprit de Christ par la foi.

Notre problème, c’est que nous nous rendons esclaves de ces forces spirituelles après avoir reçu la vie éternelle sensée être notre nouvelle source de vie. Tout homme né de la chair fonctionne et adapte son comportement selon la connaissance de la loi, mais le croyant aurait dû vivre par la foi. Seulement, il nous faut apprendre l’obéissance de l’esprit en nous repentant des œuvres mortes dans la chair qui est selon la connaissance du bien et du mal, la loi en fait. Non seulement, mais nous devons connaître Christ pour la foi, recevoir la communion de Ses souffrances pour le dépouillement, afin de produire les œuvres de la vie. Alors, dans ce cycle persévérant nous vaincrons comme Il est vainqueur, et nous progresserons de gloire en gloire selon les richesses de Christ.

Nous regardons à Christ non seulement parce que nous croyons dans le salut initial qui consiste à échapper au jugement éternel lors de la régénération. Mais nous devons aussi croire dans la croix selon laquelle nous renonçons aux œuvres mortes issues de nos jugements propres par la connaissance de la loi. La vie à laquelle Dieu nous appelle est par la foi, car c’est spontanément, dans la nature « chrétienne », que nous obéirons à Dieu.

Dommage que tant de chrétiens soient pleins d’illusion au sujet de la foi de l’Evangile. Ils croient en Dieu pour l’exhaussement de leurs prières, et c’est bien. Quand vient les souffrances, ils croient peut-être en la délivrance : leurs yeux sont sur la délivrance des choses désagréables et sur l’acquisition de bénédictions. Mais qu’en est-il de la délivrance des choses que nous aimons, celles qui sont inavouables comme celles dont nous nous glorifions ? Sommes-nous disposés à les perdre dans Sa discipline ? Est-ce pour cela que nous prions ? Pourtant, c’est le moyen par lequel nous devons entrer dans la gloire de l’âge à venir.

Si nous avons cette espérance dans la connaissance de Son Fils, alors Dieu est fidèle pour nous dépouiller. Mais nous devons aussi Le connaître pour la foi dans Son œuvre. De notre disposition sainte dépend l’efficacité de Son œuvre. Je le dis à notre honte : beaucoup d’entre les saints ne Le connaissent pas et ne croit pas dans Sa fidélité. Si nous avons la foi de l’espérance de la gloire, alors nous porterons du fruit en acceptant le sort de la chair : sa misère dans le monde.

Certains dirons : « mais qu’est-ce qu’il raconte ? » Ce que je dis, c’est que se glorifier de nos possessions, de nos succès, de nos forces, d’une bonne réputation, de toutes nos qualités, et même de notre soi-disant spiritualité est un culte de la chair. C’est la preuve de notre manque de sanctification. Après vingt ans en tant qu’enfant de Dieu, certains ne sont pas plus avancés dans la foi, mais ont plutôt converti tout enseignement acquis en culte de la chair.

J’espère que vous profitez du caractère pratique de ce livre. Je vous livre maintenant une attitude d’autant plus utile : « se laisser dépouiller ». La discipline de Dieu a plusieurs facettes, et dépend toujours de notre attitude au moment propice. Ici, il s’agit de restreindre notre liberté et de renoncer à combattre pour l’intégrité de la chair : c’est ce que l’on appelle la communion des souffrances de Christ.

Comprenez-vous le dépouillement qui est le votre dans ce genre de marche ? Si je vois par exemple les lacunes du service d’un frère, j’éviterai de l’exhorter pour mon compte. Il n’est pas question de travailler à cause de ma propre insatisfaction, sous prétexte de la justice de Dieu. En agissant ainsi, je ne pratique pas un culte pur et saint, je délivre surtout la chair du dépouillement de la croix.

Regarder l’apôtre Paul : il encourageait les saints à soutenir les ouvriers du Seigneur, mais il ne parlait pas en espérant recevoir pour lui les fruits de la parole. Il ne se défendait pas pour son compte, mais pour le profit de l’Eglise. En cas d’ambiguïté, il préférait renoncer au profit des bonnes œuvres qui lui sont peut-être dû dans l’ordre divin. De toute façon, il n’est pas question pour un serviteur qui fait profession de la gloire de Dieu, de déshonorer son chef : il s’attachera bien plus à la communion des souffrances de Christ dans la foi.

Je ne peux m’empêcher d’exhorter chacun à une recherche de justice et de sainteté. Voici une vision efficace pour cela : « surmonter le mal par le bien ». Non pas en pratiquant simplement des œuvres comme pour s’occuper, mais avec une vision. Vous pouvez évidemment, pour un temps, vous passionner ou même vous intéresser à quelque chose, poursuivant un but. Cela pourrait peut-être s’avérer efficace par rapport à des habitudes dérangeante, comme la débauche. Mais les visions d’œuvres mortes comme occupations sont des pertes de temps, ce temps qui est une proie principale pour le malin. Elles peuvent de surcroit être des accès aux excitants de la chair et provocatrices d’une escalade d’œuvres infructueuses qui n’en ont peut-être pas l’air.

Ce que Dieu veut, c’est notre sanctification, mais elle consiste en plus que s’abstenir de l’impudicité ou la débauche. C’est pourquoi il est important de pratiquer la vie d’Eglise, car alors nous pratiquons le bien envers les frères dans la foi. Plus encore, par une vision de consécration du temps si précieux et de nos membres pour le bien des saints, nous plaisons à Dieu. De ce point de vue, la puissance de notre salut est l’inspiration et la conduite de l’Esprit, comme il est écrit : « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ». Or, c’est par la sanctification de la vérité que nous sommes affranchis, et la vérité c’est la parole de Dieu. Et qu’est-ce que la parole de Dieu ? Ce sont les promesses et le fondement de l’Evangile, le commandement et la gloire du mystère de Dieu.

Pour finir, je vous propose un travail du salut au thème de la formule « mettre à mort les membres terrestres ». C’est sans doute le commandement qui satisfait le plus la pensée religieuse. A ne pas confondre avec l’ascétisme qui est un zèle sans sagesse. En effet, l’ascète considère les jouissances, au-delà du strict besoin vital et hygiénique, comme une corruption.

Il s’agit, parlant du commandement, de contrecarrer les œuvres mortes de toutes sortes en supprimant les voies des excitants de la chair. Comme a dit l’apôtre Paul, « tout est permis, mais je ne me laisserai asservir pas quoi que ce soit ». Cela signifie que nous devons jouir de liberté, mais avec la sagesse (maitrise) de rejeter le chemin des ténèbres par les fameux excitants de la chair. Elles sont des convoitises dans notre environnement que nous devons fuir.

« Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie ».
En pratique, « couper sa main » signifie l’empêcher d’être animé par la convoitise. Comme a pu aussi dire Paul, en parlant du péché : « n’obéissez pas à ses convoitises ». Et pour faire mourir ou « couper » les membres terrestres, c‘est-à-dire empêcher l’expression du corps de mort que sont les œuvres mortes, nous devons deux options. 1) anéantir l’occasion de chute, en supprimant les voies de ces excitants de la chair. 2) combattre pour la volonté en nous consacrant dans le Saint-Esprit contre le péché et la mort. Se faisant, nous nous livrons corps et âme au Saint-Esprit pour le règne de Christ, pour la volonté de Dieu.

Nous devons découvrir, puis couper le pouvoir de la convoitise. Si par exemple, nous savons que le spectacle de la volupté nous anime, alors nous couperons les voies de cette convoitise. C’est le conseil que je donne aux frères qui sont fatigués d’échouer. Ce sera peut-être une souffrance, toutefois moindre sur le chemin de la croix. Mais ce que prescrit la saine doctrine, c’est de puiser le courage et la force que Dieu communique pour nous déterminer, veillant et priant.

« Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la ; mieux vaut pour toi entrer manchot dans la vie ». L’ordre du Seigneur n’est pas à prendre de manière imagée. Souvenez-vous qu’il est aussi écrit : « Nous donc aussi, puisque nous sommes environnés d’une si grande nuée de témoins, rejetons tout fardeau, et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi, qui, en vue de la joie qui lui était réservée, a souffert la croix, méprisé l’ignominie, et s’est assis à la droite du trône de Dieu. Considérez, en effet, celui qui a supporté contre sa personne une telle opposition de la part des pécheurs, afin que vous ne vous lassiez point, l’âme découragée.
Vous n’avez pas encore résisté jusqu’au sang, en luttant contre le péché ». [Hébreux 12 :1-5]. Le propos du Seigneur n’est pas que nous devions amputer nos membres, mais nous disposer jusqu’à une telle souffrance, et même la mort, en luttant contre le péché.

Si la source de ce piège est une relation une humaine, alors nous devons couper le lien, si c’est un objet ou un environnement, nous faisons de même. Voilà peu de chose. Qu’Il nous parle des membres comme l’œil, la main et les pieds, est à ce point pertinent : les couper est un sacrifice douloureux sur le moment, et un handicap permanent de l’homme animique. De cette façon, Seigneur nous révèle la valeur de la sanctification dans la nouvelle vie. Il nous dit qu’il vaut mieux achever notre vie terrestre en handicape matériel et physique, que de passer à côté de la vie. Or, cette vie dont il est question n’est pas le salut éternel, mais les prémices et la gloire complète dans l’âge à venir. C’est le prix à payer dans l’âge présent.

Au retour du Seigneur, peu importe la puissance de notre service à l’Eglise. Ce n’est pas premièrement cela qui nous vaut d’entrer dans le règne de l’âge à venir, mais d’abord la sanctification. Il ne s’agit pas de négliger le service sacerdotal et les bonnes œuvres, seulement de se conformer soi-même à Christ avant de travailler à la conformité de la maison de Dieu. Comme à pu craindre l’Apôtre Paul, nous pouvons prêcher aux autres, et être nous-mêmes rejetés par la suite. Nous devons servir Dieu et rendre compte de l’administration des biens qui nous sont confiés, mais pas sans obéir à la saine doctrine.

Que Dieu donne à la vie d’Eglise de prospérer aux localités pour un témoignage glorieux de Christ. Qu’Il nous brise entièrement, et que les frères qui L’aiment, coopèrent à Son œuvre afin de vaincre dans la vie sainte par notre Seigneur Jésus-Christ. A Lui soit la gloire aux siècles des siècles, Amen.