Qui est le vrai témoin ?

Un témoin est désigné ainsi en raison de sa « connaissance de la vérité », et de son aptitude à la communiquer. Or, le Saint-Esprit est la réalité de Dieu en Christ dans le croyant, l’Esprit de vérité (litt : réalité) que Dieu nous a envoyé au nom de notre Seigneur afin qu’Il demeure en nous, de sorte que nous Le connaissons (Jean 14 :17). Comme il est écrit, Il nous enseigne toutes choses (jean 14 :27 ; 1 Jean 2 :27), Il témoigne de Jésus-Christ (Jean 15 :26), et nous conduit dans toute la vérité. Nous ne sommes pas les premiers dans l’échelon de la confidence. En effet, la vérité est toute entière dans l’Esprit de vérité, et il est écrit, « Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; il ne parlera pas de Lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et il vous l’annoncera » [Jean 16 :13-14]. Il est maintenant évident que le Saint-Esprit est le premier échelon du témoignage de Christ. Que signifie qu’Il nous conduit dans toute la vérité ? C’est qu’Il nous révèle Christ pour que nous croyons en Son témoignage, afin dis-je, que nous exprimions Christ comme notre nouvelle vie. Je l’ai déjà dit : le témoignage de la vie est la réalité de ce que nous avons cru. Sans témoignage, personne ne peut prouver qu’il a la foi.

L’Esprit de Dieu est la vie de Dieu, Christ Lui-même qui est dans l’esprit régénéré du croyant. C’est une réalité merveilleuse que nous ayons la vie de Dieu dans notre esprit ! Ce fait même explique toute l’œuvre de la sagesse de Dieu en nous pour Son économie et notre conformité à Sa sainteté. Cette vie de Dieu est Dieu Lui-même, et en tant que telle, Elle a toutes Ses caractéristiques comme Son immortalité, Sa sainteté, Sa Justice, Son Amour, Sa paix, etc. Je ne ferai pas tout l’exposé de la grâce de la vie de Dieu en nous. Mais sachez que c’est d’Elle qu’il est fait mention dans les Écritures à plein d’occasion ; quand il est écrit par exemple : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, – car la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée -… » [1 Jean 1:1-2]. « Et voici ce témoignage, c’est que Dieu nous a donné la vie éternelle, et que cette vie est dans Son Fils. Celui qui a le Fils a la vie ; celui qui n’a pas le Fils de Dieu n’a pas la vie. Je vous ai écrit ces choses afin que vous sachiez que vous avez la vie éternelle, vous qui croyez au nom du Fils de Dieu » [1 Jean 5 :11-13]. « Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître le Véritable ; et nous sommes dans le Véritable, en Son Fils Jésus-Christ. C’est lui qui est le Dieu Véritable, et la vie éternelle. Petits enfants, gardez-vous des idoles » [1 Jean : 20-21]. Le témoignage de l’Esprit c’est la lumière de la vie dans le croyant, non seulement pour la connaissance de Dieu, Christ, mais aussi pour l’expression de Christ à cause de l’opération de la croix du côté négatif, et celle de la puissance de la résurrection du côté positif.

« Or, la vie éternelle c’est qu’ils te connaissent, toi, le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » [Jean 17 :3]. Qu’est-ce que l’on entend ici ? L’Écriture révèle que la vie, c’est la connaissance. Or, la connaissance dont il s’agit, c’est la révélation du mystère de la piété, c’est-à-dire Christ dans la création (le corps). Il peut être ensuite dispensé par la Parole dont la substance est l’Esprit de Christ, car l’Esprit est la réalité (ou vérité) pour notre témoignage. Mais bien plus, Il est toute manifestation de la vie : si nous sommes remplis de l’Esprit, alors selon la sanctification, Christ s’exprime en nous, toute mesure étant un témoignage sur base de vie et de paix.

Si nous demandions aux chrétiens ce qu’est la vérité, ils répondraient pour la plupart que c’est la parole de l’Évangile, et ils n’auraient pas tort. Mais bien que substantiel, la parole n’est qu’une explication de la vérité pour la foi, une forme du témoignage de Christ. Même s’il est vrai que c’est le témoignage qui correspond au ministère de dispensation de la vie, avant que nous n’y croyions, cette réalité n’est pas le témoignage d’une vie spirituelle authentique. Ainsi, quiconque ouvre la bouche sans la foi est un imposteur. La vérité est Christ Lui-même ; et voici, nous dirons que le vrai témoin (ou dispensateur) est l’Esprit de Dieu qui s’exprime à l’Église de Dieu. Mais ce fruit de l’Esprit peut être contrefait : dans ce cas, il ne s’agit pas du vrai témoignage rendu au travers du croyant. Si nous sommes témoin de Jésus-Christ, nous le sommes en esprit, et donc dans l’unité avec le Saint-Esprit. Ainsi, le témoignage est vrai et la connaissance exprimée selon l’Esprit dans le croyant. Il (le Saint-Esprit) est Lui-Même le témoin Fidèle et Véritable, mais nous faisons plus au moins fidèlement office de canal du témoignage, d’une part étant en esprit, mais selon la sanctification. Le don de Christ est complet dans la mesure qui nous est destinée à la consommation, mais après le simple salut, si nous ne croyons pas vraiment dans la vérité (réalité), cette mesure ne devient pas vie pour le témoignage. En effet, peu importe que l’on entende la parole de la vérité si elle ne devient pas vie par la foi, toutefois, nous porterons la peine de l’incrédulité (la désobéissance). Elle doit rayonner de lumière pour inspirer une expression de Christ. Sachant que l’Esprit est la substance de Christ, Il est Lui-même aussi Christ comme chemin (moyen), réalité et vie. Nous aussi devons devenir tel qu’Il est par la persévérance de la foi, en croyant au témoignage de l’Esprit de Christ.

Il est important de faire une très nette différence entre le fruit de l’Esprit et les œuvres mortes qui tirent leur ressource de la mort. Souvent, nous faisons l’erreur de nous évaluer nous-même et les autres, dans les extrêmes de la morale : pour la plupart d’entre nous, il y a le péché et le bien. Mais je ne crains pas de dire que ce principe est le même que celui du monde impie. Là encore, je ne ferai pas d’exposé : Dieu hait nos œuvres personnelles de bonté comme le péché, car nous sommes pécheurs, et la source même de notre vie dans ce monde, le vieil homme, est en abomination à Sa sainteté. Ce qu’Il veut, c’est le fruit de l’Esprit, c’est-à-dire ce qui prend source dans Sa propre vie. Nous entendons par « œuvres mortes », tout ce qui n’est pas de l’esprit de vie. Or ce qui est vivant est le fruit de l’Esprit de vie. Dans le royaume de Dieu, nous considérons que seule la vie de Dieu est la vie (du grec « Zoe »). Il s’agit de la vie Incréée, Éternelle, Incorruptible, Sainte, etc. Ces caractéristiques sont celle de Dieu (c’est-à-dire Sa nature). Dans notre piété, Dieu nous accorde par la grâce de Christ (l’approvisionnement de vie), toutes les œuvres de Ce dernier : la justification, la transformation et la rédemption, mais aussi Son témoignage. Toutefois, retenons que le don de la vie est Dieu (Sa nature) et Jésus-Christ, le chef de toute grâce qui rend le témoignage du nouvel homme unique possible. C’est alors à l’Esprit de réaliser cette communion de la vie avec tout ce qui est en Dieu et que Jésus-Christ est devenu pour nous. Rendons grâce à Dieu le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ pour l’Esprit qu’Il fait habiter en nous : c’est Lui-même, passé par un processus pour l’œuvre de Sa grâce envers nous qui croyons, et l’accomplissement de Ses desseins bienveillants.

Nous devons comprendre que l’une des opérations de Dieu est de réaliser la croix en nous, pour permettre le témoignage de l’Esprit de vie. Rien ne doit subsister de l’ancienne création dans le témoignage rendu à l’Église. La croix doit-être appliquée à toutes choses, et dans l’examen de la vie, même notre bonté est disqualifiée, comme notre humilité, notre douceur, nos principes et le reste de notre propre vie. En essayant de contrefaire la grâce de Dieu pour être une œuvre de résolution humaine, nous pouvons tromper nos semblables sans intelligence spirituelle pour discerner nos œuvres, et très facilement nous séduire nous-même. Je l’avoue, les mots me manquent pour témoigner de la mort dont nous faisons preuve, en prétendant être agréable à Dieu et être profitables aux hommes sans les ressources de l’Esprit. C’est la foi que Dieu demande, une expression de Sa vie, et non des œuvres mortes, preuves d’incrédulité. Au point où nous sommes chacun arrivé grâce à l’œuvre de la croix (la discipline du Saint-Esprit pour le dépouillement de la chair), nous devons vivre devant Dieu en invoquant chaque jour le Seigneur comme notre vie dans l’Esprit. Si nous sommes dans la foi, alors nous témoignerons spontanément par la foi en la vérité, c’est-à-dire par une loi de l’esprit de vie, et non selon notre jugement impie.

Que le fruit de la lumière, le témoignage de Christ, brille dans la réalité de l’Esprit. Que la grâce de Dieu soit avec tous les saints en Christ, Amen.

Le courant de l’Esprit

Il y a une différence entre les Écritures et l’Esprit. On peut appeler la première la parole constante et la seconde la révélation. La première est très largement sujette à diverses interprétations humaines, alors que la révélation est une lumière sur la vérité par l’onction (l’Esprit). Dieu nous parle afin que nous marchions en nouveauté de vie en nous purifiant des mélanges des courants religieux des pensées humaines et sataniques. On peut très bien appeler les Saintes Écritures : vérité. Mais il est certain qu’Elle ne peut être éprouvée que par la révélation du Saint-Esprit, Celui-là seul qui nous conduit dans toute la vérité. La parole sert d’approvisionnement de vie, et toute vie est en mouvement : la vie végétale, la vie animale, la vie humaine et même la vie divine. Chacune de ces « vies » à ses propres caractéristiques et s’exprime dans des corps différents. Seulement, lorsque l’on parle de l’homme-Dieu et de son mouvement, nous devons élever notre compréhension de sa loi de vie qui n’a d’issu que dans l’Esprit éternel.

Nous savons que chaque vie agit dans un corps selon la mesure des ressources qui permettent son action : une plante a besoin d’une certaine quantité de lumière, de chaleur, d’eau, de terre et de soins particuliers selon son espèce, afin de parfaitement exprimer son caractère. Toutes ces choses sont d’autant plus vraies pour les arbres fruitiers ; et une vie plus élevée est chaque fois plus exigeante dans les mesures d’approvisionnement permettant son mouvement. Si l’homme-Dieu créé pour vivre par ses ressources divines essaie de vivre sans elles, son expression n’aura pas de rendu normal, mais impie. Dans un premier temps, nous devons être au clair et au fait que toute vie est en mouvement, mais lorsqu’elle cesse de bouger, un temps s’écoule avant qu’elle perde toute expression adéquate. C’est ce qui est arrivé tout au long du déclin de l’Église dans le monde : elle est devenue apostat, c’est-à-dire que de toute évidence, les éléments de la vie divine comme l’espérance, la foi et l’amour se sont estompés. Pourquoi ? Parce que durant les générations, le malin a poursuivi le même travail de séduction qu’au commencement au jardin d’Éden, jusqu’à très gravement gangrener le peuple de toutes sortes de doctrines qui ont eu raison de son témoignage. Grâce soit rendue à Dieu, Lui-même travaille au recouvrement des éléments perdus, même si les saints de la terre ne sont pas tous unis dans la même expression. Il fallait un pouvoir de restauration des choses perdues, et le Seigneur a suscité bon nombre de serviteurs particuliers durant les siècles en visant toutefois un but plus élevé. Même si nous discernons cette grâce des choses recouvrées, il nous faut admettre l’existence du courant qui nous a amené jusqu’ici, sinon il est fort probable que le mouvement s’arrête pour ceux qui s’enorgueillissent d’une parole constante.

Je crois que cette dernière phrase frappera ceux qui étaient jusqu’à maintenant dans un contentement du recouvrement. Je n’ai pas peur de dire que même l’apôtre Paul dont la révélation était grande, s’arrête dans le courant. Il lui a été confié les richesses qui ont été perdues en relativement peu de temps, pour être recouvrées en beaucoup plus de temps : Paul était extraordinaire. Mais un bon docteur du courant de l’Esprit verra que Son mouvement ne s’arrête pas, car toutes les générations des serviteurs du courant servaient de relais à la vie de Dieu afin de produire l’expression de la vision céleste. Cette vision n’est pas suffisante ; il faut aussi le déploiement de puissance nécessaire à l’approvisionnement des éléments de cette espérance. A cet effet, Dieu suscite encore des serviteurs adéquats qui alimentent ce relai vers la gloire, par la parole de la foi.

Lorsque l’on parle d’Écriture, on fait référence à des choses inébranlables. Pourtant, ce qui est écrit s’est perdu subjectivement sans que la lettre ne change. C’est par l’Esprit qui est la Parole de Dieu (Éphésiens 6 :17) que nous recevons l’approvisionnement de vie selon qu’il est écrit « C’est l’esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie » [Jean 6 :63]. Je ne réfute pas que l’Écriture soit la vérité, mais c’est en devenant vie pour nous que la parole nous permet de témoigner. S’Il nous conduit dans toute la vérité en nous donnant Christ comme vie, c’est afin que nous soyons un avec Lui dans Son règne de justice. C’est la réalisation de la vision céleste par la sanctification. Je ne dis pas que nous pouvons aller au-delà de ce qui est écrit, mais que la dimension du mystère ne nous est pas complètement révélée dans l’intelligence limitée à la nouvelle naissance. Et même en recouvrant les richesses de la connaissance avec gloire, elle ne reste pour nous qu’une vision franche du but finale de Dieu, l’interprétation juste des choses clairement écrites pour lesquelles nous avions certes besoin d’approvisionnement. Mais le travail économique en lui-même demande un mouvement de l’Esprit qui nous est encore inconnu.

Nous devons dans nos modestes limites, nous conformer aux choses recouvrées : ces choses sont pour nous une sanctification fidèle qui nous permet d’espérer toute grâce dans le Seigneur. Seulement, le courant ne traverse pas les générations pour s’arrêter avec nous : il nous faut demeurer pauvres en esprit afin de recevoir ce qui n’est pas monté aux cœurs des serviteurs passés. Si l’Esprit ne trouve pas un accès en un endroit pour poursuivre le relais, Il en changera car Dieu cherche des vainqueurs qui mèneront la course économique à son terme par Son Esprit. C’est l’enseignement que nous avons dans l’histoire des générations passées où Dieu cherche un reste parmi le peuple, un homme ou un groupe d’hommes sanctifiés pour l’œuvre, car la très grande majorité s’était refroidit et avait abandonné la foi de l’espérance divine. Nous voyons dans le récit des Juges avec Gédéon que lorsqu’un reste est vainqueur, c’est le peuple entier qui triomphe. Dieu commence avec un homme, puis par cet homme gagne d’autres et combattent ensemble, afin que tous soient délivrés.

« Le mystère des sept étoiles que tu as vues dans ma main droite, et des sept chandeliers d’or : Les sept étoiles sont les messagers des sept églises, et les sept chandeliers sont les sept églises » [Apocalypse 1 :20]. Les étoiles servent à guider les pèlerins ; Christ est Lui-même l’étoile du matin qui nous guide jusqu’au bout de l’économie divine : Il est l’Alpha et l’Oméga. Ces étoiles sont l’ensemble des économes qui conduisent les églises jusqu’à la fin de l’espérance divine. Si les étoiles sont sept c’est d’une part parce qu’il y en a assez pour les sept églises, mais aussi parce que l’opération de Dieu est complète en elles pour mener l’économie. Si elles avaient été sept individus, cela aurait été aussi précisé comme pour les sept églises. L’Esprit nous révèle que les étoiles comme les chandeliers d’or sont soutenues par la force du Seigneur, ce qui implique Son intercession pour eux. Durant toutes les générations de l’Église, le Seigneur a soutenu Son peuple malgré le déclin : Il lui envoie à travers le courant de l’Esprit (la direction), des serviteurs particuliers pour les guider ; comme Il le faisait jadis avec les prophètes comme Élie, Jérémie, Samuel et d’autres guerriers comme Gédéon ou Samson. L’histoire n’a pas forcément besoin de retenir leur nom, car un seul Nom compte, mais l’œuvre de l’Esprit doit prospérer pour la gloire de Dieu.