Quatrième chapitre de la deuxième partie « L’Expérience de Christ » du livre

Voici un aspect élevé de l’Église avec Christ. Ce dernier peut être cité de plusieurs façons, soit individuellement, soit collectivement. Bien entendu, c’est la seconde citation que nous développerons, ici.

Nous savons que, selon l’Évangile, nous sommes une nouvelle création en Christ (2 Corinthiens 5 :17), que c’est en Lui que nous demeurons, selon la volonté de Dieu. Là, l’Écriture nous identifie dans différents aspects : des enfants de Dieu, un royaume de sacrificateurs, une nation sainte, etc… jusqu’à ce point élevé du Corps de Christ. En effet, nous sommes le Corps de Christ, et ses membres, chacun manifesté selon la mesure de Christ. C’est une définition de l’Église qui nous positionne avec honneur et démontre notre appartenance très sainte au Seigneur. C’est aussi indicatif d’un aspect plus élevé encore de la nouvelle création.

Le mystère du Corps de Christ est une allusion faite depuis la Genèse, lorsque Dieu forma l’homme de la poussière de la terre. Le corps est le troisième plan d’existence de l’être humain à l’image de Dieu : vous aurez sans doute compris qu’en première position, il y a l’esprit, suivi de l’âme, pour finir avec le corps. Mais la véritable image qui rendra justice à Dieu est selon Son économie en Christ-Jésus : Dieu qui est tout en tous dans l’Église glorieuse.

Dans Genèse 2 : 7, Dieu effectue une opération différente de toutes celles précédentes : Il forme un corps de la poussière de la terre, et souffle en lui un souffle de vie. Il en résulte une création hybride, un espace de médiation, une vie propre à cette création. Je n’entrerai pas dans les détails. Cette créature en Genèse est le premier homme, que nous considérerons comme l’homme unique jusqu’à l’apparition de Jésus-Christ homme. Dieu effectue dans Ce dernier une œuvre semblable en s’insufflant pleinement dans la création, non seulement pour le salut des hommes (la rédemption), mais surtout en vertu de Son économie (Son dessein initial et éternel). Il formera donc un corps à Jésus-Christ par un procédé éprouvé (Psaume 139 : 13). Il est le second homme qui détruit le premier, afin de réaliser l’économie de Dieu dans la nouvelle création.
« C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint une âme vivante. Le dernier Adam est devenu un esprit vivifiant » [1 Corinthiens 15 : 45].

Pour preuve de Sa première intention, Il (Dieu) réitérera l’opération en sanctifiant des hommes pour Christ, que l’on pourrait identifier comme étant L’âme, c’est-à-dire la vie et la personne dans le Corps. Mais Il est bien plus que cela : en effet, Il est parvenu à la perfection étant un avec l’Esprit dans Son élévation au-dessus de tout à l’Église qui est Son Corps. Christ est maintenant la Personne même des deux parties élevées qui habitent le Corps, L’Esprit et L’âme de la nouvelle création dont nous sommes l’expression. C’est donc au perfectionnement du Corps que travail le Dieu trinitaire pour la gloire d’une sanctification complète à l’image de Christ. Selon l’économie de Dieu, avant la fondation du monde, Christ est le nouvel homme complet dont nous sommes la gloire, c’est-à-dire le Corps.

Le nouvel homme est Christ qui est tout, en tous. C’est Lui et tous les croyants qui sont le nouvel homme dans l’univers. Considérant avec justice que l’homme de la chair (Adam, le premier homme) est mort, l’homme de l’Esprit (Christ, le nouvel homme) est le seul à subsister pour la vie éternelle. Effectivement, la race adamique qui comprend tous les hommes de la chute (ceux qui sont non-régénéré ou non-croyants) est détruite, car la sentence de sa condamnation est exécutée à la croix, objectivement. Subjectivement, l’homme mort doit profiter de ce « temps de l’Église » pour rejoindre la nouvelle création en Christ par la foi pour le salut éternel. Car il vient un moment où la réalité va se manifester et mettre fin à toute méchanceté de l’homme incrédule. Voici une figure de la réalité : {Lorsqu’un homme est jugé pour ses crimes et est condamné selon la loi, il y a un temps qui s’écoule avant l’exécution de la sentence (parfois, il s’agit du couloir de la mort)}. C’est la condition de tout homme qui n’a pas cru au Christ comme Sauveur. Or, c’est selon Son amour qu’en Lui, Dieu gracie tous les croyants en Christ.

Dans le nouvel homme, il n’y a aucune légitimité de la chair ou du sang, aucun orgueil, pas la moindre prétention de l’œuvre humaine. Il n’y a pas la moindre considération sociale ou intellectuelle, « le moi » n’a pas sa place. Il s’agit alors de Christ qui, comme Adam dans son injustice a caractérisé sa descendance, Lui, rend les hommes participant de la nature divine : nous sommes des hommes-Dieu à l’image de Jésus-Christ, le Juste.

Alors bien sûr, certains dirons que nous ne ressemblons pas vraiment à Jésus, que notre expérience est très différente de Lui, et ma foi, ils non pas absolument tort. Mais c’est la réalité objective devant Dieu que nous poursuivons jusqu’à Sa manifestation glorieuse ; cet enseignement ne s’arrête pas là. Ici, nous parlons de la nature et des caractéristiques du nouvel homme, et donc, de la position du croyant qui revêt Christ par le baptême. Il possède tous les attributs de Dieu, sans être déifié (positionner en sujet d’adoration) : il a la vie de Dieu, c’est-à-dire la nature, l’essence de Dieu, Son immortalité, Sa sainteté, Sa justice, etc… Toutes ces caractéristiques sont le pack tout-inclusif du don de la vie de Dieu, qui est Christ en Esprit mélangé à notre esprit pour être notre vie, dès la mise en vigueur du plan de rédemption, lors de la régénération.

Que nous fassions l’expérience de la vie de Dieu dépendra de notre relation avec l’Esprit, en reniant toutefois la vie naturelle. Sinon, bien que nous soyons de la race de Christ, nous ne sommes pas Son expression, indignes d’être appelés Son Corps. Tout cela apporte, je crois, une réponse à toutes les questions pertinentes. La vie de Dieu a déjà porté Son fruit en faisant de nous, croyants, une nouvelle création en Christ : tel Il est, tel nous sommes aussi dans le monde, en nature. Mais nous courons la course à la perfection de Sa plénitude, en jouissant de Lui par la communion de l’Esprit de vie, afin de Le connaître et d’expérimenter la puissance de Sa résurrection. Nous persévérons dans les souffrances de Christ, dans la coopération de la discipline du Saint-Esprit et de toute grâce, jusqu’à ce jour glorieux de la rédemption (ou glorification) du corps de la chair dans Cette même vie de Dieu, par la résurrection de Christ qui demeure en nous. Même s’il nous faut souffrir dans cet âge pour cette vision, nous nous réjouissons en espérance. Nous ne perdons pas courage comme si cette souffrance d’aujourd’hui souffrait la comparaison avec la gloire qui sera révélée pour nous au-delà de toute mesure en récompense de la fidélité à la vision céleste. C’est d’ailleurs l’épreuve de notre foi en Dieu dans cet âge qui nous qualifie devant le Père et ses saints anges. J’espère m’être montré clair malgré ma concision. Que la grâce soit multipliée aux frères et sœurs dans le Seigneur.