Troisième chapitre de la deuxième partie « L’Expérience de Christ » du livre

Dans la Bible, il y a deux notions mises en évidence pour celui qui l’aura convenable étudié. La première est le gouvernement de Dieu ou volonté souveraine de Dieu qui exige une conformité au commandement, la justice de Dieu. La seconde est la grâce de Dieu qui est un secours à l’homme dans son impuissance pour la justice, à cause de l’amour de Dieu pour nous conformément à la Nouvelle Alliance.

Comme les Écritures l’auront souvent démontré, Dieu a souverainement créé toutes choses et établit des lois ; en fait, Il a tout fait selon le conseil de sa volonté dans l’expression de Sa justice. Maintenant encore, Dieu a une volonté, et non seulement Il l’a mise en œuvre, mais Il a envers l’Église cette attente d’une consécration absolue à Sa justice dans Son règne, coopérant ainsi à Son économie.

Beaucoup de chrétiens s’imaginent faussement que la grâce est la consommation de la volonté de Dieu ; parce qu’ils sont en manque de vision, c’est-à-dire de la connaissance de Sa volonté. En effet, la grâce n’est pas un objectif de Dieu, mais un moyen. Elle intervient pour le service de Sa volonté jusqu’à la gloire, parce que l’homme est impuissant pour cela. La grâce, d’ailleurs, n’aurait pas de sens si l’homme était déjà le modèle de Jésus-Christ en nature et expression : Dieu qui est tout et en tous.

Dieu ne s’est pas dit « Je veux que l’homme que j’ai créé chute par la désobéissance, ainsi, je pourrais contempler l’iniquité qui s’accroît, et le sauver juste pour montrer que je peux le faire ». Dans ce scénario, rien n’est glorieux. Bien sûr, le Seigneur savait d’avance que l’homme serait trompé, mais Dieu ne désire jamais l’iniquité. Sa volonté est de toute éternité : Elle est Justice, Sa Justice et Son Règne dans l’homme et sur le reste de Sa création. Mais Son désir a été contrecarré par le serpent dans le jardin en Éden. Ce n’était pas Son plan, mais la provision était dans Son omniscience en Jésus-Christ, Son Oint pour faire l’expiation des péchés, réconcilier toutes choses avec Dieu et poursuivre, par la puissance de l’Esprit de Sa grâce, l’économie de Dieu dans les saints, Son dessein éternel. Mais dans son égoïsme, et par manque de connaissance, le chrétien peut être contenté de la grâce du salut initial. Certains diront : « s’il manque de connaissance, ce n’est pas sa faute ». Une personne sage ne pourrait l’approuver, car si après notre salut nous ne cherchons plus la communion de Christ, nous sommes effectivement égoïstes, et « l’amour de notre reconnaissance » n’est pas complet envers Dieu. Bien plus, nous devons chercher la communion de Ses souffrances, afin d’atteindre et d’être employé dans la meilleure grâce.

Je disais plus haut que la grâce intervient pour le service de la volonté de Dieu jusqu’à la gloire. Il est important que nous ayons une vision cohérente de l’Évangile de Dieu, afin que nous ne vivions pas comme d’éternels enfants sans connaissance de la vie.

« Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie. Nul ne vient au Père que par moi » [Jean 14 :6].
« Mais c’est de Lui (Dieu) que vous êtes en Christ Jésus, qui est devenu sagesse de la part de Dieu pour nous : Justice, sanctification et rédemption » [1Corinthiens 1 :30].
« Car ceux qu’il (Dieu) a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être rendus conformes à l’image de Son Fils, … et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » [Romains 8 : 29, 30].
« Car la loi a été donnée à travers Moïse, la grâce et la réalité sont venues à travers Jésus-Christ » [Jean 1 : 17].

Les Évangiles (les livres) annoncent Christ venu en Sauveur, et ils Le dépeignent saisissant plusieurs occasions de montrer en Lui, le modèle glorieux de la volonté de Dieu pour tous les hommes qu’Il sauve. Le fait est que l’homme naturel est incapable de glorifier Dieu, parce qu’il est pécheur, et l’œuvre du pécheur c’est l’injustice. Comment saurait il satisfaire la Justice de Dieu sans Son Règne ? Grâce soit rendue à Dieu à cause de notre Seigneur Jésus-Christ.

L’Ancien Testament parle d’un peuple qui avait la Loi de Dieu et dont l’Éternel était le Dieu. Nulle nation, nul autre peuple n’avait ce privilège de l’élection. Maintenant je le dis avec respect : Eux, le peuple élu, étaient incapables d’accomplir des œuvres mineures. Je ne les méprise pas, car cet échec est à plus forte raison celui de tout homme sans Dieu dans le monde. Mais la grâce intervient. Alléluia ! Dans le Nouveau Testament, l’Esprit ose adresser des exigences de la volonté de Dieu qui transcendent la loi donnée par Moïse.

L’homme serait-il d’avantage capable de satisfaire la justice de Dieu ? Non bien sûr. Il n’a pas su accomplir une loi bien inférieure en exigence et en gloire, attisant à toutes heures les liens de la mort et du péché. Et quelle est Son attente qu’Il révèle aujourd’hui ? Que Sa volonté éternelle gagne toute la création en Christ-Jésus, qu’Il soit tout en tous, que nous appliquions la Victoire de Christ en progressant jusqu’à la conformité subjective dans Sa mort, visant la résurrection éminente d’entre les morts. Il veut des fils (et des filles) à la ressemblance de Christ, et dont Ce dernier serait le premier né. Il veut Son royaume de sacrificateur-Dieu, une montagne qui remplit un nouveau ciel et une nouvelle terre de justice et d’amour pour l’éternité. Il veut que la créature à Son image terrasse Satan et dépouille son royaume de ténèbres ; aujourd’hui, II veut des vainqueurs dans lesquels Il sera glorifié… Quelle pression après l’échec d’Israël avec la loi !

Frères et sœurs, croyez-vous que l’on ait été sauvé d’entre les pécheurs pour nous-mêmes ? Croyez-vous que la grâce soit la fin des exigences de Dieu ? La régénération serait-elle donc la fin en attendant l’heure du bon plaisir du retour du Seigneur ? Croyez-vous que la grâce annule la Justice éternelle de Dieu ? Frères et sœurs, je vous annonce l’Évangile de Dieu : la grâce à une fin, mais la Justice est éternelle. Lorsque nous parviendrons à la fin de cet âge, il ne subsistera pour l’éternité que la Justice de Dieu exprimée toutefois dans l’amour, Son royaume d’amour et de Justice. J’espère que personne n’est naïf au point de s’imaginer que le péché existera dans le royaume de Dieu ou que nos faiblesses y entreront, que nous y entreront sans la sanctification, par une espèce de purge surnaturelle du moi. « Que celui qui est injuste soit encore injuste, que celui qui est souillé se souille encore ; et que le juste pratique encore la justice, et que celui qui est saint se sanctifie encore. Voici, je viens bientôt, et ma rétribution avec moi, pour rendre à chacun selon ses œuvres » [Apocalypse 22 :11-12].

Maintenant, nous avons un Esprit qui nous conduit dans toute la réalité et nous annonce les choses à venir. Il nous donne une vision afin qu’on la poursuive : c’est la vision de l’économie de Son mystère, Christ, et Christ en nous comme l’Espérance vivante de la gloire qu’Il nous révèle. C’est notre raison d’être et celle de tout homme, surtout lorsqu’il est régénéré et réconcilié avec Dieu par la croix de Christ.

Jésus-Christ est venu détruire les œuvres du diable : Il l’a fait en nous montrant en Lui un modèle du serviteur que Dieu veut pour accomplir Ses dessein. Il l’a fait par le sang de Sa croix, en lavant tous nos péchés, en annulant les œuvres mortes d’ordonnances extérieures, prescriptions impuissantes pour vivre, car devant Dieu en Christ nous sommes séparés du monde et vivons en Lui par la foi. Ceci est le commencement de la grâce, la justification. Nous devons donc renoncer aux œuvres mortes (expression du moi) car nous ne sommes plus sous la loi. Sachant que, de même que nous sommes justifiés par la foi, c’est aussi par la foi et pour la foi que nous marchons en nouveauté de vie.

Si quelqu’un (un chrétien) se figure pouvoir être sauvé par la foi, puis mener sa vie sans elle, il est impuissant pour plaire à Dieu : il se place sous la loi, plutôt que sous la grâce. Qui pourrait dire aimer le Seigneur, et se contenter de pareille misère spirituelle ? Nous avons besoin d’humilité. Telle est notre disposition au moment du salut, telle doit-être notre disposition jusqu’à la fin. Aucune œuvre de notre part n’a été ajoutée à l’œuvre déjà complète de Jésus dans Son obéissance jusqu’à Sa mort sur une croix. Nous devons tenir à cette foi dans Sa mort qui est le fondement de la vie nouvelle par Lui, en Lui et pour Lui. Pour nous, porter notre croix, c’est la communion des souffrances de Christ jusqu’à la conformité subjective à Sa mort. C’est alors que notre totale soumission peut porter la grâce jusqu’à la fin, pour l’expression du ministère de l’économie.

Qu’est-il arrivé sur le chemin de notre salut ? En voici la colonne vertébrale : nous menions notre vie selon le train des pensées de notre propre justice. Mais un jour, nous nous sommes repentis, c’est-à-dire qu’une révélation a brillé et que pour nous, notre façon de penser n’était plus adéquate. Nous avons alors changé de pensées au bénéfice de l’Évangile de la grâce qui nous était proposé dans notre incapacité d’obtenir justice devant Dieu. Nous avons donc renoncé aux œuvres mortes de notre propre justice, pour nous confier dans la seule justice de la foi en Jésus-Christ. Voici la grâce de la discipline du Saint-Esprit : la repentance et le brisement.

C’est toujours l’Évangile de Dieu que je vous annonce : Christ est la fin de la loi – principe de la connaissance du bien et du mal qui est un ouvrier dans nos pensées et qui nous exhorte à agir dans le corps de mort – pour la justification de ceux qui se confient en Lui. Car les œuvres de la loi dans nos pensées sont incapables d’aboutir à la vraie justice de la grâce de Christ. Jésus-Christ est toute provision de la justice de Dieu au commencement (le salut initial) jusqu’à la rédemption du corps (le salut complet). A ce point final du processus, toute la corruption (c’est-à-dire le moi ou notre propre vie) est totalement anéantie jusqu’à son souvenir. « Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera » [Matthieu 16 :24-25]. Mais alors, la différence est évidente entre ceux qui recherchent la communion de Christ par le Saint-Esprit pour la gloire Dieu, et ceux qui sont incrédules en rejetant égoïstement, avec orgueil ou crainte de la croix (la mort de leur moi), la grâce de Dieu en Jésus-Christ, même après le salut.

Il est crucial que nous sachions que Dieu n’a aucune exigence que nous pourrions satisfaire par nous-mêmes. Le travail du salut complet est dans la communion (de la foi) de tout ce que Christ est de part Dieu et a souffert dans l’obéissance de la soumission au Père, jusqu’à la mort. Jouir dans l’Esprit de Ce Christ tout-inclusif est la sanctification, la poursuite de la perfection par la grâce, de toute façon. Nous ne saurions prétendre que la discipline de Christ est le seul canal d’approvisionnement de vie. Le ministère que nous recevons et celui que nous dispensons, les réunions locales des frères, les prières et les supplications et d’autres activités existent. Chacun est important dans l’œuvre du Seigneur, mais la discipline de l’Esprit ne manquera jamais. Toutefois, chacun de ces moyens de la grâce ont une chose en commun : elles sont bien souvent inefficaces sans une attitude adéquate de ceux qui doivent en bénéficier. Reconnaissons que les ténèbres sont en nous qui sommes éprouvés, et non dans les instruments de l’épreuves, combien même les diverses situations sembleraient injustes, et nous, dans notre droit. Nous sommes éclairés et confrontés à nos ténèbres à cause de la lumière de Dieu dans les arrangements qui révèle nos mauvaises dispositions en remuant et brisant l’orgueil de la chair.

Le but de toutes opérations est d’ouvrir un chemin de la grâce jusqu’à la plénitude de Christ à l’Eglise, Son économie dans les saints. Cette grâce est impossible sans abaisser l’orgueil des hommes, et la perfection demande un dépouillement total de la chair. Si Dieu y parvient, ce ne sera pas sans notre soumission, mais Il accomplira Son dessein de toute façon, même si c’est finalement par la discipline de l’âge à venir. Seulement, les vainqueurs sont ceux qui « n’ont pas aimé leur vie (leur moi) jusqu’à craindre la mort (la mort du moi) » [Apocalypse 12 :11b]. Ces derniers se soumettent avant l’apparition du Seigneur, afin d’être digne d’entrer dans le royaume millénaire, avant les frères insoumis.

Frères et sœurs, prions pour une vision céleste qui se perfectionne dans le Corps de Christ. Pour cela, confions-nous dans la communion de Son Esprit pour l’approvisionnement du Christ tout inclusif, de toute façon. Ayons l’humilité de reconnaitre nos propres faiblesses et ténèbres à travers l’épreuve, sans prétendre nous améliorer mais apprenant nos leçons, confiant dans la grâce. Que Dieu parle à nos cœurs dans la communion de l’Esprit de Christ, Amen. Car que veut-Il nous communiquer ? La prudence envers la chair. Il veut désarmer les convoitises et briser l’orgueil et l’estime de la chair. Il veut nous conduire à veiller et à nous consacrer en rachetant, plutôt qu’investir dans le monde et à perdre, ce temps précieux.