Deuxième chapitre de la deuxième partie « L’Expérience de Christ » du livre

Le Seigneur Jésus est mort sur une croix pour faire l’expiation des péchés. C’est au moins ce que peuvent affirmer tous les chrétiens, mais Son œuvre à la croix est bien plus riche que cela. Nous savons que Dieu a un plan éternel qui n’a pas pu être accompli dans le premier homme Adam. Cet homme alors unique dans le monde est devenu pécheur comme tous ceux qui sont nés en lui, de la semence humaine. Dieu, le Juste juge a déclaré avec preuve de notre corruption à l’appui, que l’humanité en Adam est vouée à la destruction. Mais dans Son amour pour le monde, plutôt que de nous détruire sans sommation, il fait une provision en un second homme qui ne vient pas du pécheur mais de Dieu Lui-Même : Jésus de Nazareth, notre Seigneur.

Seulement, afin que Jésus puisse devenir notre rédemption sans constituer une injustice de Dieu, toute cette grâce devait s’opérer selon la justice de la loi impliquant la juste rétribution du péché. Or, la loi, dans l’affaire qui concerne le premier homme, exige simplement la mort du coupable. C’est pourquoi aussi notre Seigneur fut donné par Dieu, afin que le châtiment prévu tombe sur Lui, et que la justice de la loi selon laquelle nous vivons, nous soit accordée par la foi en Lui, à cause de Son obéissance, même jusqu’à la mort de la croix.

Pour nous, vivre n’est donc pas une question d’œuvre, mais de foi. Mais cette connaissance n’est pas chez tous : malheureusement, nombreux sont ceux qui enseignent et prescrivent des « œuvres d’après salut » à pratiquer pour le « mérite » de la grâce éternelle. Mais que diras souvent l’apôtre Paul ? « Voici seulement ce que je veux apprendre de vous : Avez-vous reçu l’Esprit par les œuvres de la loi, ou par l’écoute de la foi ? Êtes-vous si insensés ? Après avoir commencé par l’Esprit, êtes-vous maintenant perfectionnés par la chair ? » [Galates 3 :2-3]. Christ est en fait la fin des œuvres mortes que nous pratiquions afin que nous vivions par Lui-même dans la foi. « Cette parole est certaine (fidèle) : si nous sommes morts avec lui, nous vivrons aussi avec lui » [2 Timothée 2 :11].

Ô combien sont nombreux dans le Nouveau Testament les passages qui annoncent cet Évangile de la grâce de Dieu en notre Seigneur Jésus-Christ ! C’est le point de départ de la nouvelle vie du croyant, et c’est aussi son chemin jusqu’à la fin. Il est vrai que nous devons porter du fruit après notre régénération. Notez qu’il y a une différence entre porter du fruit (qui est une grâce de l’Esprit de vie dans la foi de Christ) et œuvrer nous-même selon notre connaissance du bien et du mal (qui produit des œuvres mortes) (Hébreux 6 : 1, 2). Le genre de prescriptions qui exhortent à la pratique d’œuvres mortes dans le parcours chrétien est ennemi de la croix de Christ, puisqu’elles rendent de nouveau esclaves dans leurs pensées, ceux que Christ a libérés pour qu’ils vivent dans la foi de la loi de l’Esprit de vie.

Je prie le Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ, afin qu’il nous donne un esprit d’intelligence pour l’illumination de la pleine connaissance de la croix, non seulement pour le pécheur, mais aussi pour le croyant déjà justifié du péché.

Nous devons nous repentir des œuvres mortes. Ce n’est absolument pas un sujet négligeable, mais la colonne vertébrale de la vie chrétienne sainte. Demeurant en nous-même, c’est-à-dire dans les œuvres infructueuses des ténèbres de nos pensées, nous sommes une source de ténèbres qui déverse en tout lieu les ténèbres.

Si Dieu nous a jugé, et qu’Il a jugé que nous sommes vendus au péché et incurable, qu’en dites-vous ? Pouvons-nous lui donner tort ? Jésus-Christ est venu pour détruire les œuvres du diable qui convergent dans nos pensées. Il l’a fait en crucifiant le vieil homme (Adam), qui témoignait de la corruption, et vivait par toutes sortes de convoitises. Maintenant, comme il est écrit : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » [Romains 6 :3-4]. Aujourd’hui, quelque fruit saint que nous portions est dû au Saint-Esprit qui habite en nous comme vie et acompte de la gloire à venir. Nous lisons ensuite dans le passage de Romains 6 qu’à condition d’être devenus conforme à sa mort, nous serons aussi conformes à Sa résurrection. Et c’est par le baptême (selon la réalité de l’engagement) que nous entrons dans cette réalité du chemin de Christ, afin de travailler à notre salut dans la soumission à l’Esprit. Ce dernier nous discipline afin justement, que nous devenions conformes à Sa mort et à Sa résurrection, jusqu’à la pleine mesure de la foi.

Ainsi, parlant de la voie excellente de la foi en opposition aux œuvres mortes, le frère Paul dira : « Mais ces choses qui était pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout, et je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi, afin de connaître Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort, pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts. Ce n’est pas que j’ai déjà remporté le prix, ou que j’ai déjà atteint la perfection ; mais je cours, pour tâcher de la saisir, puisque moi aussi j’ai été saisi par Jésus-Christ. Frères, je ne pense pas l’avoir saisi ; mais je fais une chose : oubliant ce qui est en arrière et me portant vers ce qui est en avant, je cours vers le but, pour remporter le prix de la vocation céleste en Jésus-Christ » [Philippiens 3 : 7-14].

C’est là, le mobile dans lequel nous devons marcher en tant que vainqueur de Dieu en Christ. L’apôtre nous fait dans son discours, la démonstration d’une bonne attitude : la persévérance à chercher la justice et le règne de Dieu dans la connaissance et les souffrances de Christ, rejetant le poids des œuvres mortes qui appartiennent au vieil homme incapable de plaire à Dieu.

J’enseignais un jour prenant cet exemple : {Un homme travaille dans une grande entreprise de laquelle dépend beaucoup de familles, mais il est incompétent et incapable de s’améliorer. Tout ce qu’il entreprend cause des problèmes et il est un vrai fardeau pour la Direction. Le grand patron le convoque un jour et l’informe de son licenciement. Il ne devrait donc plus être rémunéré à cause de son nouveau statut. Mais cet homme, qui n’a plus rien à gagner et qui est incompétent, continue à se présenter à son ancien poste pour travailler. Alors le directeur vient vers lui, voyant tout de même l’attachement de l’homme à l’entreprise, et lui dit : tu recevras un salaire si tu ne fais rien}.

Notre comportement est le même que l’homme licencié qui travaille malgré tout. Lorsque nous avons été sauvés par le message de la foi, nous restions ignorants de la large valeur de la croix au centre de la bonne nouvelle. Elle nous annonce le repos dans la mort de Christ, la fin des œuvres de la chair pour la justice de la foi par grâce. De plus, et afin que nous acceptions la paix confiante de Sa grâce, le Seigneur nous dit que si acceptons de cœur de n’être que des spectateurs de Sa gloire, Il nous en donne la rémunération, à cause de notre persévérance à croire en cette nouvelle alliance. Désormais s’il faut travailler, c’est en entrant spontanément dans une action de Sa vie en nous, en acquiesçant avec reconnaissance qu’Il est le juste, seul capable de justice.

N’oublions jamais que c’est la croix qui rend possible la spiritualité. Au point où nous en sommes, nous avons compris qu’il n’y a jamais eu que deux hommes dans le monde Adam et Jésus-Christ homme, l’un est pécheur et l’autre juste, l’un est né de la chair et l’autre de Dieu (ce n’est dès lors un mystère pour aucun chrétien qui soit vraiment né de nouveau). Il existe ainsi dans le monde deux parallèles, et nous qui sommes engendrés par la Parole de vie, vivons au milieu des morts tant que nous sommes dans le corps de la chair. Mais si nous sommes dans le corps de la chair, nous ne nous confions pas dans la chair (en nous-même) pour vivre devant Dieu. Christ est notre réalité et notre vie par le Saint-Esprit qui habite en nous. C’est grâce à la croix qui, dans la communion du Saint-Esprit, est le moyen de réaliser cette grâce pour la transformation jusqu’à la ressemblance du Fils de Dieu dans la Gloire.

Frères et sœurs, parce qu’il nous faut du mieux possible considérer cet enseignement de façon pratique, répondez à cette question. Nous étant dépouillé du vieil homme dans la mort de Christ, comment pouvons-nous prétendre à la justice de nos œuvres mortes ? Si, de mon vivant, j’étais incapable de soulever à mains nues les mille kg de la loi de Dieu, comment le pourrais-je en admettant mon décès ? Il est évident que si je suis mort, je suis libre de toute exigence, de tout mérite et de tout échec, non ? Mais étant vivant dans le corps, ce n’est plus « (le) moi » qui vis, c’est Christ qui vis en moi (ou pour moi), afin que soit réalisé en moi la justice de la loi, par la foi au Fils de Dieu qui donne Sa vie (Sa vie Juste) à ceux qui croient selon la connaissance de la justice de Sa grâce. La croix ne nous dépouille pas de nos forces sans consentement.

L’Esprit nous donne l’occasion de reconnaître notre faiblesse pour obtenir justice devant Dieu par la foi en Jésus-Christ en rejetant nos propres jugements et affectons comme nous rejetons le péché, et livrant nos corps comme des membres de Sa justice en renoncement à nos propres ressources et aux jouissances de la chair. C’est ainsi que nous tournons nos regards vers le Seigneur considérant la valeur de Sa mort pour nous, et celle de la puissance de résurrection en nous à la louange de la gloire de la grâce de Dieu.

Nous nous glorifions dans la connaissance de nos faiblesses plutôt que dans la loi, car ainsi, nous ne prétendons pas vaincre par la chair. Christ est la mort du vieil homme, par la communion dans l’esprit, et la vie du croyant pour un culte de justice. Lui seul peut, en effet, accomplir toute justice comme Il l’a prouvé par Son obéissance, il y a deux mille ans. Nous pouvons considérer Sa vie terrestre comme Son entretien d’embauche pour notre remplacement compétent. Même si quelqu’un peut faire illusion de la justice (des œuvres de la connaissance du bien et du mal, c’est-à-dire la loi morale qu’il connaît) dans les apparences ou dans son orgueil, ses œuvres restent mortes en réalité. Dieu ne désir que la foi, pour l’expression de la vie divine et de l’obéissance du Fils en Christ. Retenons que seul Christ est la réalité, la vie et le chemin (le moyen).
Que Dieu notre Père nous accord la lumière en Christ Jésus notre vie, pour une marche adéquate. Que la grâce soit avec tous, Amen.