Troisième chapitre de la Première partie du livre « Le fondement de la vie sainte »

On a coutume d’entendre des messages vantant les mérites, les talents et condamnant les faiblesses. Mais à tous ceux qui l’entendent de cette oreille, je dirais qu’il vous faut une révélation de la croix. Avoir conscience de ses capacités et de son potentiel est souvent pernicieux. Il vaut que cette connaissance nous fasse défaut, afin que l’orgueil de la supériorité ne nous enfle pas. Dans l’idéal, nous sommes équipés pour servir le Seigneur efficacement, et sommes brisés devant Dieu, de sorte que nous servons avec humilité. Mais pour qu’il est soit ainsi, particulièrement des ouvriers qui sont les plus doués, la discipline qu’ils subissent est très importante.

Nous avons parlé de choses fondamentales, et nous continuerons dans l’exposé de ses éléments. Certains en effet, on d’avantages besoin de la ligne subjective qui leur permettront de témoigner de la véracité des promesses de Dieu. Vous avez lu que « la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort » [Romains 8 :2] ; mais ce n’est pas pour autant que l’expérience est glorieuse. Certains sont beaucoup trop jeune dans la foi, alors ils ne comprendront pas forcément, mais d’autres, après quelques mois ou même plusieurs années, sont déçus de leur expérience de la sainteté. Si vous en avez le souvenir, je disais plus haut que la croix est indispensable pour vivre par la justice. Mais qu’est-ce que la croix ? C’est le message central au cœur du vaste Évangile de la gloire de Christ. Elle (la croix) produit la mort et la destruction des choses anciennes, permet le renouveau de la vie en Christ-Jésus si nous reconnaissons notre faiblesse et nous soumettons à Son Esprit.

Annoncer l’Évangile n’est pas d’abord proclamer la force, la résurrection ou le salut, mais c’est avant tout déclarer la fin des choses anciennes : anciennes créations, régime de la loi ; loi du péché et de la mort, la condamnation, le diable et toutes les forces spirituelles du monde. La croix de Christ n’aura rien épargné de l’ancienne création qui en réalité n’était pas faite de choses visibles de sorte que sa ruine ne peut être reconnue que dans la foi en l’œuvre et la personne de Jésus-Christ. Et n’oublions pas l’homme naturel, corporisation de l’ancienne création, lui aussi mort sur la croix. Cette œuvre de Jésus à la croix est le point zéro, marque la fin du monde corrompu pour ceux qui croient, une espérance d’abord révélée dans l’homme spirituelle. Si le monde ne nous connaît pas, c’est parce qu’il n’a pas connu Celui dont nous sommes issus. Et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire qui nous sera révélée lors de l’apparition de notre Seigneur Jésus-Christ.

La croix intervient pour notre salut dans la reconnaissance de notre propre impuissance, suivi du renoncement à nos ressources inaptes. En effet, nos yeux doivent être ouverts pour reconnaître notre insuffisance, sans quoi notre existence baigne dans la mort et le néant de l’ancienne création et nous ne sommes pas dans la foi, mais dans une immense détresse spirituelle. Cette reconnaissance s’appelle la repentance.

L’Ancien Testament conte un événement significatif de cet aspect du message de la croix en Nombres 21. Le peuple terrestre de Dieu avait péché contre Lui, et pour châtiment, la mort par la morsure de serpents brûlants devait les emporter selon qu’il est écrit « le salaire du péché, c’est la mort ». Mais à cause de l’intercession de Moïse, lui-même un type du Christ qui devait venir selon qu’il est aussi écrit « Dieu vous suscitera d’entre vos frères, un prophète comme moi ; écoutez-le » [Actes 3 :22 ; 7 :37], Dieu a fait don de la rédemption de la vie terrestre à ce peuple (un type du vrai salut). Alors Il ordonnera à Son serviteur et représentant sur Terre, Moïse, de bâtir une image du symbole de l’œuvre de Sa grâce : un serpent d’airain sur un « bois » (traduit « croix » dans la Bible). Il promit que quiconque avait été mordu, mais regarderait le serpent d’airain conserverait la vie.

Certains bien-aimés reconnaîtront l’œuvre de la rédemption par Jésus-Christ crucifié selon que dit le Seigneur Lui-même « Comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui est la vie éternelle » [Jean 3 :14-15]. Mais je vous déclare que l’œuvre de la croix de Christ est beaucoup plus vaste que cela, car notre faiblesse fait corps dans le moi (en nous-même). Nous ne vivons que par Jésus-Christ en qui nous sommes morts, et nous vivons dans l’espérance de la vie par Son Esprit, suffisant, si nous marchons effectivement selon cet Esprit.

Dieu nous a donné Sa vie, et la simple réception de cette vie aura pour effet notre salut, car nous reconnaissons là, pour la première fois, Jésus-Christ (le serviteur qui fait l’expiation) et Jésus-Christ crucifié (l’agneau de Dieu) comme ce Salut (Sauveur) proposé par la foi. Mais ensuite, il nous faut admettre toute la tragédie du péché, et nous soumettre au Seigneur afin de progresser dans la vie, même fasse à nos plus grandes faiblesses. Et comment ? Avec humilité et douceur : en renonçant aux droits du vivant. C’est cela porter sa croix. Le fruit de l’Esprit décrit dans Galates 5 est le témoignage de Christ dans nos souffrances pour la justice, un signe de conformité à Sa mort par Sa puissance de résurrection. Car c’est en renonçant à nous-même pour Son commandement et Son règne que nous rayonnons de la gloire de Christ, comme Lui-même devant le Père. Les plus perspicaces l’auront compris : c’est cela, chercher le royaume et la justice de Dieu. C’est en renonçant à notre propre gouvernement de l’affection et du jugement du moi, que Christ peut régner pour le service de Dieu. Nous-mêmes plaisons à Dieu par cette justice.

« Car l’amour de Christ nous presse, parce que nous estimons que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont morts ; et qu’il est mort pour tous, afin que ceux qui vivent ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux » [2 Corinthiens 5 :14-15].

Connaissez-vous l’histoire de la Pâque ? Sous le joug égyptien, le peuple terrestre de Dieu vivait dans l’esclavage, une période de grande souffrance qui dura plusieurs générations, jusqu’au moment choisit où l’Éternel leur envoya un sauveur en la personne de Moïse. Moïse étant hébreux quant à la chair n’avait pas à vivre leur calvaire à cause de sa position. Pourtant, il renoncera à tous ses privilèges royaux pour devenir un instrument de délivrance pour son peuple de la part de Dieu. Après quarante ans d’exil dans le désert de Madian, il sera renvoyé en Égypte où il devra combattre pharaon avec les armes de Dieu dans toute Son autorité, ce, afin de délivrer Son peuple. Au bout d’un ministère zélé en Égypte, Dieu envoya le destructeur pour exercer son jugement contre « les dieux de l’Égypte », jugement au travers duquel Israël échappera lors de la Pâque. Ils avaient tous reçu cet ordre de la part de Dieu : prendre un anneau dont ils couleraient le sang et consommeraient la chair dans les maisons avec des herbes amers selon toutes les recommandations que leur énonça Moïse. Le sang devait servir de signe sur les linteaux et les poteaux des portes des maisons, afin qu’en voyant le sang, l’Éternel passe au-dessus d’elles. Ce jour était à marquer d’une pierre blanche, puisqu’il raconte comment Israël conserva la vie pour vivre, non sous le joug Égyptien, mais pour Dieu qui l’a fait sortir du lieu de leur calvaire. Là, correspond l’instant du salut en faveur de ceux que Dieu a prédestiné, le peuple qu’il a choisi.

Pour nous chrétien c’était l’heure de la nouvelle naissance et le passage de la mort à la vie alors qu’était accomplie la véritable Pâque, en la personne du Christ immolé. Mais le pèlerinage d’Israël et le nôtre ne s’arrête pas là. Mais relisez ce paragraphe, vous verrez que Moïse et l’œuvre de Dieu sont un type du ministère terrestre de Jésus.

Dieu est fidèle. Tous ceux qui ont cru au Seigneur Jésus sont sauvés, tous sans exception. C’est la réalisation de Sa parole en réponse à la foi de l’homme dans la « Pâque ». C’est une chose très simple : celui qui croit est passé de la mort à la vie, celui qui ne crois pas au Fils de Dieu est déjà condamné (Jean 3 :18 ; 5 :24 ; Marc 16 :16), car Il est notre Pâque.

La rédemption accomplie par Jésus-Christ doit se réaliser en nous par un processus dont la justification est le point de départ, c’est-à-dire le moment où nous avons cru. Et ce salut initial nous prouve notre élection en Christ avant la fondation du monde pour être participants des desseins de Dieu, comme il est écrit « Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être rendus conformes à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né entre beaucoup de frères ; et ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; et ceux qu’il a appelés, il les a aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés » [Romains 8 :29-30]. « Je suis persuadé que celui qui a commencé en vous cette bonne œuvre la rendra parfaite pour le jour de Jésus-Christ » [Philippiens 1 :6].

Il n’y a qu’une façon pour Dieu de nous (croyants) conduire à la gloire éternelle, et cette façon est complète dans la foi de Christ-Jésus selon qu’il est écrit « Mais c’est de lui (Dieu) que vous êtes en Christ Jésus qui est devenu sagesse pour nous : justice, sanctification et rédemption ; afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, qu’il se glorifie dans le Seigneur » [1 Corinthiens 1 :30-31]. Mais ceux qui aiment Dieu passeront par un chemin bien plus précieux par la soumission et la coopération au Saint-Esprit, qui leur vaudra une récompense dans l’âge à venir, l’introduction à l’éternité. Par contre, ceux d’entre les saints qui, faute du zèle de l’amour, sont zélés pour eux-mêmes dans le monde, subiront la perte du règne millénaire avec Christ et les saints fidèles.

Tous ceux qui ont cru une fois en Jésus, qui sont nés de nouveau sont sauvés du jugement éternel : désormais, cette menace ne les concerne plus et la gloire de Romains 8 : 30 ne leur échappe pas. Néanmoins, nous sommes purifiés par une discipline adaptée à chacun pour parvenir à la gloire éternelle. Mais alors qu’une foule des frères seront disciplinés jusque dans le millénaire, les vainqueurs régneront sur la terre. Cet évangile du royaume est ce que notre Seigneur n’a cessé d’annoncer dans les évangiles (les livres), et aussi l’unique raison du travail d’édification qui suit la nouvelle naissance. Sans quoi, nous serions enlevés dès après avoir cru. Je vous demanderais donc de retenir ce fait essentiel, non seulement tout au long de cet ouvrage, mais surtout le reste de votre vie terrestre.

Je n’oublie pas ceux qui sont déçus de leur expérience de la sainteté. Certains faisait très certainement un amalgame entre la justification et la sanctification pensant que suite au salut, il leur fallait tout faire pour le conserver, et ils en sont soulagés : au moins leur salut est éternel. D’autres devraient s’éveiller à la nécessité de la sanctification, sinon tous.

J’aimerais ratisser large en m’adressant à la plupart. Je vous prie donc de patienter par compassion.

Le témoignage de certains ouvriers du Seigneur rapporte une réaction de l’Église qu’ils jugèrent eux-mêmes triste et décevante à la révélation qui va suivre. Quant à moi, il me semble que cela est dû d’une part, à la leur propre incapacité à compléter la révélation, et d’autre part, au manque de crainte de certains croyants. L’Esprit nous dit que Dieu a fait de Christ toute sagesse afin que nul ne se glorifie. Cette révélation concerne l’arbre de vie : Christ est Lui-même la sainteté car Il est la réalité de toutes les choses positives, divines et spirituelles. La puissance qui nous manifeste de manière digne du Seigneur est Christ Lui-même. Il est aussi bien tout le fruit de l’Esprit.

Qu’avons-nous à faire pour Le manifester ? Rien du tout. Connaissant notre incapacité à plaire à Dieu par nous-mêmes, nous ne pouvons compter que sur Christ comme notre vie tout-inclusive, afin de refléter toutes Ses richesses. Mais si nous n’avons rien à faire pour Le manifester, il faut tout de même qu’Il demeure en nous comme vie, cette vie est Sa parole que nous devons accueillir et dans laquelle il nous faut persévérer. Vous pouvez progresser à tout égard par la sanctification ou il peut sembler que même cette réalité du Christ vivant en vous ne soit pas subjective. Il faut tout d’abord considérer le fondement de la vie : l’œuvre de la croix (la mort de Christ), car c’est la croix qui rend toute spiritualité possible. C’est elle que nous regardons au début par la foi (Jean 3 :14-15), et Dieu nous justifie. C’est aussi à elle que nous avons affaire par la suite, et Dieu nous sanctifie. Peu importe que nous nous enflions de la connaissance si nous ignorons la croix. Celui qui a le Fils a la vie et la vie c’est de Le connaître pour la foi, mais la foi sans la croix n’atteint pas le domaine subjectif.

Il y a une nette différence entre l’œuvre d’Adam et celle de Jésus. Le premier est mort à cause de sa désobéissance ; le second est mort à cause de Son obéissance (Philippiens 2 :8). Paul révélera « Si par l’offense d’un seul la mort a régné par lui seul, à plus forte raison ceux qui reçoivent l’abondance de la grâce et du don de la justice régneront ils dans la vie par Jésus-Christ lui seul. Ainsi donc, comme par une seule offense la condamnation a atteint tous les hommes, de même par un seul acte de justice la justification qui donne la vie s’étend à tous les hommes. Car, comme par la désobéissance d’un seul homme beaucoup ont été rendus pécheurs, de même par l’obéissance d’un seul beaucoup seront rendus justes » [Romains 5 :17-19]. La foi est la façon dont nous nous identifions à Christ pour être au bénéfice des richesses de Sa vie, en l’occurrence de la justice de Sa mort. Au début, nous sommes justifiés ainsi : comme Il est juste, le juste vit par la foi [Romains 1 :17 ; Hébreux 10 :38-39]. C’est notre condition initiale.

Bien sûr viens ensuite la question des péchés. Certains se satisfont de cette condition du salut éternel, mais d’autres, dont le regard est ne serait-ce qu’un peu éclairé sur leur noirceur désireront une vie sainte. Non seulement les péchés, mais toutes œuvres mortes, étrangères à la source de la vie, doivent être rejetées : nous touchons ici à la sanctification.

Porter sa croix (la libération de la vie)

« Celui qui ne prend pas sa croix, et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. Celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui perdra sa vie à cause de moi la retrouvera » [Matthieu 10 :38-39].

Le Seigneur va éprouver notre affection dans ce monde, une fois entré dans Son salut (Son royaume). La plus grande partie de la multitude fait ici un pas de plus, bien trop souvent sans grande conviction avec le déclin de l’âge. Ils sont attirés par la gloire du Seigneur dans le baptême, mais ne réalise que trop peu la signification de cette œuvre.

Il est écrit « Celui qui croira et qui sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné » [Marc 16 :16]. Nous sommes sauvés en croyant en Jésus, mais nous répondons par le baptême d’eau à un engagement dans l’Esprit de sainteté afin que nous soyons conduits au salut complet. C’est comme dire à Dieu : « je suis mort avec Christ et je suis aussi ressuscité avec Lui ; je suis donc mort au monde, au péché et à moi-même, et je vis en Christ pour Dieu par la foi de Christ. Je ne m’appartiens plus, je suis à Christ ». Considérant la signification de cet engagement, le Seigneur Jésus dit « Celui qui… sera baptisé sera sauvés » mais sans la foi, être baptisé est vide de sens (« celui qui ne croira pas sera condamné »), mais c’est ainsi que l’on édifie une maison apostat (voir plus bas « L’Église dans le monde »). Il nous faut aussi la foi de cet engagement, après avoir cru. Nous confessons donc par le baptême nous rendre conforme à la mort du Seigneur, et entrons dans le processus de sanctification du Saint-Esprit auquel nous disons nous soumettre pour Son œuvre de transformation à la conformité de Christ-Ressuscité en nous. Mais c’est ici que réside un décalage qui nuit à notre expérience, parfois dès le début du processus.

« De grandes foules faisaient route avec Jésus. Il se retourna, et leur dit : Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Et quiconque ne porte pas sa croix, et ne me suit pas, ne peut être mon disciple. Car, lequel de vous, s’il veut bâtir une tour, ne s’assied d’abord pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi la terminer, de peur qu’après avoir posé les fondements, il ne puisse l’achever, et que tous ceux qui le verront ne se mettent à le railler, disant : Cet homme a commencé à bâtir, et il n’a pu achever ? Ou quel roi s’il va faire la guerre à un autre roi, ne s’assied d’abord pour examiner s’il peut, avec dix mille hommes, marcher à la rencontre de celui qui vient l’attaquer avec vingt mille ? S’il ne le peut pas, tandis que cet autre roi est encore loin, il lui envoie une ambassade pour demander la paix. Ainsi donc, quiconque d’entre vous ne renonce pas à tout ce qu’il possède ne peut être mon disciple » [Luc 14 :25-33].

Suite à l’’œuvre du Saint-Esprit qui a pour première effet de nous racheter par la foi en Jésus-Christ, va survenir chez les croyants un appel intérieur à la sanctification. Pour ceux qui aiment le Seigneur, cet appel se fera de plus en plus insistant les poussant à chercher Son règne et Sa justice. Seulement, se sera là une quête qui ne pourra aboutir, sans le reniement de l’ancienne création. En effet, il est écrit « Nul serviteur ne peut servir deux maîtres. Car, ou il haïra l’un et aimera l’autre ; ou il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et Mammon » [Luc 16 :13]. Or, ne nous trompons pas nous même, en nous imaginant composer avec les deux créations. L’apôtre Jean nous exhorte dans sa première épître : « N’aimez pas le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui ; car tout ce qui est dans le monde, la convoitise de la chair, la convoitise des yeux et la vaine gloire de la vie, n’est pas du Père, mais du monde. Or le monde passe et sa convoitise aussi ; mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure pour toujours » [1 Jean 2 :15-17].

Vous noterez que l’affection joue un rôle dans la quête de justice. C’est là tout le rôle de la croix dans la sanctification, afin d’éradiquer le moi dans lequel convergent les choses du monde. Je dis bien éradiquer le moi, et non éradiquer le monde.

Un jour, Jésus s’adressait à ses disciples leur faisant connaître qu’il fallait qu’Il aille à Jérusalem, qu’Il souffre beaucoup de la part des chefs du peuple, qu’Il soit mis à mort, et qu’Il ressuscite trois jours après. « Pierre, l’ayant pris à part, se mit à le reprendre, et dit : A Dieu ne plaise, Seigneur ! Cela n’arrivera pas. Mais Jésus, se retournant, dit à Pierre : Arrière de moi, Satan ! Tu m’es en scandale ; car, tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, mais celles des hommes. Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive. Car celui qui voudra sauver sa vie la perdra, mais celui qui la perdra à cause de moi la trouvera. Et que servirait-il à un homme de gagner tout le monde, s’il perdait son âme ? Ou, que donnerait un homme en échange de son âme ?» [Matthieu 16 :22-27].

A la vérité, chacun de ces trois derniers passages bibliques sont claires, et que dire du témoignage de deux ou trois passages bibliques convergeant dans le même commandement ? Le Seigneur nous révèle qu’aucune affection humaine ne peut subsister à Sa suite. La croix est le point de départ, elle est aussi un instrument efficace pour celui qui renonce à lui-même, ainsi, il pourra sans doute suivre le Seigneur. Nos affections en tant qu’homme naturel sont des alliances en abomination au Seigneur. Jésus portait d’ores et déjà Sa croix, Il avait renoncé à Lui-même, afin d’obéir à Dieu. Mais sur Son chemin, Pierre se dressait dans un amour charnel ennemi de la croix, c’est pourquoi Jésus condamna ce qui inspirait de telle pensées. C’est aussi de cette façon que nous devons agir vis-à-vis de la chair, ennemi de la croix et servante de ses propres affections, celle du péché. Nous devons dès lors renoncer à tout ce que nous possédons : je ne veux pas dire que nous devons nous débarrasser de nos biens.

Vous l’aurez sans doute compris, il s’agit de rompre tout lien (affections et jugement de la chair), afin de libérer la vie d’un culte raisonnable et l’obéissance de Christ, même au travers de la souffrance, participant d’avantage à la grâce de Christ. Comme a pu en témoigner Paul De Tarse, disciple du Seigneur, « Toutes ces choses constituaient, à mes yeux, un gain, mais cause du Christ, je les considère comme une perte. Je vais même plus loin : tout ce en quoi je pourrais me confier, je le considère comme une perte à cause de ce bien suprême ; la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur. A cause de lui, j’ai accepté de perdre tout cela, oui, je le considère comme bon à être mis au rebut, afin de gagner le Christ. Mon désir est d’être trouvé en lui, non pas avec une justice que j’aurais moi-même acquise en obéissant à la Loi mais avec la justice qui vient de la foi en Christ et que Dieu accorde à ceux qui croient. C’est ainsi que je pourrais connaître le Christ, c’est-à-dire expérimenter la puissance de sa résurrection et avoir part à ses souffrances, en devenant semblable à lui jusque dans la mort, afin de parvenir quoi qu’il arrive, à la résurrection d’entre les morts » [Philippiens 3 :7-11].

Quelques lignes plus bas au verset 18 et 19, il mettra un contraste en évidence : « Car il en est beaucoup qui marche en ennemis de la croix du Christ. Je vous en ai souvent parlé, je vous le dis une fois de plus, en pleurant. Ils finiront par se perdre. Ils ont comme dieu leur ventre, ils mettent leur fierté dans ce qui fait leur honte, leurs pensées sont toutes dirigées vers les choses de ce monde ».

Le principe suivant lequel nous renonçons à tout ce que nous possédons c’est-à-dire à nous-même, où nous nous chargeons de notre croix et suivons le Seigneur Jésus, est une œuvre coopérative dans le processus du salut complet qui durera toute notre vie chrétienne. C’est la sanctification à ne pas confondre avec la sanctification dont nous sommes déjà membres en Christ Jésus par la naissance de l’Esprit. Maintenant, il s’agira de l’œuvre disciplinaire de Dieu nous éprouvant par la souffrance, afin de construire en nous Sa sainteté (ici, le caractère de Sa nature). Alors, la notion de sanctification prend tout son sens : (d’abord) nous sommes mis à part, puis nous devenons à part pour un usage sacrée. C’est par cette discipline que Dieu travaille à nous rendre parfait. D’une part, Il opère l’approvisionnement de vie par les ministères, et d’autre part, Il arrange les circonstances pour nous éprouver et nous édifier selon la parole de justice. Alors nous témoignerons de cette nouvelle vie dans un paisible fruit de justice : c’est là, la moisson de Son œuvre en nous par notre soumission, notre zèle à renoncer à nous-même malgré la souffrance que doivent occasionner ces pertes.

La sainteté, gloire de la vie de Dieu en nous, est sensée se manifester de plus en plus à cause de la libération de la vie de l’homme intérieur entreprise par le Seigneur afin que nous marchions par l’esprit (ou fondamentalement selon l’Esprit). Nous aurons tout du long de cette ouvrage, l’occasion d’approfondir ce thème central de la croix sans laquelle, la puissance de résurrection est inopérante pour le témoignage de Christ.

Le vieil homme est mort à la croix avec Christ, celui qui commettait le mal et qui vivait selon les convoitises et l’orgueil. Le fondement d’une vie sainte vous est exposé ici, dans le chapitre entier de Romains 6 :
« Que dirons-nous donc ? Demeurerions-nous dans le péché, afin que la grâce abonde ? Loin de là ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore dans le péché ? Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie. En effet, si nous sommes devenus une même plante avec lui par la conformité à sa mort, nous le serons aussi par la conformité à sa résurrection, sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché fût détruit, pour que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est libre du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, sachant que Christ ressuscité des morts ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui. Car il est mort, et c’est pour le péché qu’il est mort une fois pour toutes ; il est revenu à la vie, et c’est pour Dieu qu’il vit. Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce. Quoi donc ! Pécherions-nous, parce que nous sommes, non sous la loi, mais sous la grâce ? Loin de là ! Ne savez-vous pas qu’en vous livrant à quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice ? Mais grâces soient rendues à Dieu de ce que, après avoir été esclaves du péché, vous avez obéi de cœur à la règle de doctrine dans laquelle vous avez été instruits. Ayant été affranchis du péché, vous êtes devenus esclaves de la justice. Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair. De même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à l’impureté et à l’iniquité, pour arriver à l’iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté. Car, lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l’égard de la justice. Quels fruits portiez-vous alors ? Des fruits dont vous rougissez aujourd’hui. Car la fin de ces choses, c’est la mort. Mais maintenant, étant affranchis du péché et devenus esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sainteté et pour fin la vie éternelle. Car le salaire du péché, c’est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ notre Seigneur ».

Paul explique que nous sommes devenus conforme à la mort de Christ par le baptême, et que par conséquent, nous pouvons marcher en nouveauté de vie. Car c’est au péché que nous sommes morts avec Lui afin de vivre pour Dieu par Lui. Nous sommes crucifiés afin que le corps du péché soit détruit (c’est-à-dire sans œuvre, inopérant), pour que nous ne soyons plus esclave du péché. Ici, le péché est la vie de Satan qui veut s’exprimer en nous par la convoitise des choses du monde, afin que nous commettions l’œuvre du péché (de Satan) dans notre corps de mort. Seulement, vu que nous sommes morts en Christ, le péché n’a plus de pouvoir sur nous, et nous ne devons plus obéir à ses convoitises. Au contraire, nous invoquons en tout lieu le Nom de Seigneur et proclamons Sa mort sur toutes choses par notre soumission à la grâce.

Il y a trois éléments qui nous permettent d’obéir à Dieu et qui nous manquait avant la régénération du Saint-Esprit :

(1) La croix/ nous sommes devenus conformes à Christ dans Sa mort, ce qui veut dire que le péché est sans force contre nous car nous sommes affranchis de la loi, la puissance du péché. En conséquence, nous pouvons donner suite à notre amour de la vérité en renonçant à nous-même, à nos affections charnelles, à notre propre justice et aux droits du vivant, pour le règne de Christ dans la connaissance de la volonté de Dieu.

(2) La puissance de la résurrection/ comme Christ est ressuscité nous vivons par Lui sans effort particulier pour Le manifester (comme ordonnance), car c’est notre nouvelle nature que nous nourrisson de Christ Lui-même. Si nos affections sont vers Christ, cela signifie peut-être que nous sommes disposés à souffrir pour Sa volonté. Alors Sa force nous soutien pour la paix et la justice dans l’esprit de vie.

(3) La crainte de Dieu/ en effet, si nous sommes libres mais que nous obéissons à la convoitise du péché, nous sommes seuls responsables, et pour nous, tout cela reste objectif car nous jouissons encore des ressources de notre vie propre, notre moi avec son jugement et ses affections.

Tout au long de la vie chrétienne et de notre recherche du règne de Dieu, nous faisons face à des épreuves, mais il nous faut compter sur l’Esprit de vie en nous pour être ce que nous ne sommes pas et faire ce que nous ne pouvons faire. En ce qui concerne le péché, les bonnes œuvres et les jouissances, nous devons consacrer nos membres à Dieu selon un culte personnel digne de la révélation. C’est ainsi que nous aurons une conscience pure. En renonçant aux droits du vivant, car nous sommes morts, ferons l’expérience intime d’une sanctification et d’un témoignage spécial devant Dieu. Déjà, nous avons déclaré solennellement par le baptême que nous ne nous appartenons plus à nous-même et que notre corps Lui appartient pour le service de Sa volonté dans le Corps.

Ce dernier point ne doit pas être considéré de manière superficielle ; il est écrit « Ainsi vous-mêmes, regardez-vous comme morts au péché, et comme vivants pour Dieu en Jésus-Christ. Que le péché ne règne donc point dans votre corps mortel, et n’obéissez pas à ses convoitises. Ne livrez pas vos membres au péché, comme des instruments d’iniquité ; mais donnez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants de morts que vous étiez, et offrez à Dieu vos membres, comme des instruments de justice. Car le péché n’aura point de pouvoir sur vous, puisque vous êtes, non sous la loi, mais sous la grâce ». Et « – Je parle à la manière des hommes, à cause de la faiblesse de votre chair. De même donc que vous avez livré vos membres comme esclaves à l’impureté et à l’iniquité, pour arriver à l’iniquité, ainsi maintenant livrez vos membres comme esclaves à la justice, pour arriver à la sainteté. Car, lorsque vous étiez esclaves du péché, vous étiez libres à l’égard de la justice » [Romains 6 :11-14, 19-20]. Même si ce passage s’adresse à des croyants faibles dans la foi, car Paul n’y parle pas spécifiquement du péché, le principe développé dans ce chapitre du livre y est enraciné.

Je vous prie justement de relire ce chapitre autant de fois que nécessaire pour vous y conformer, sachant comme dit le Seigneur « Pourquoi m’appelez-vous Seigneur, Seigneur ! Et ne faites-vous pas ce que je vous dis ? Je vous montrerai à qui est semblable tout homme qui vient à moi, entend mes paroles et les met en pratique. Il est semblable à un homme qui, bâtissant une maison, a creusé, creusé profondément, et a posé le fondement sur le roc. Une inondation est venue, et le torrent s’est jeté contre cette maison, sans pouvoir l’ébranler, parce qu’elle était bien bâtie. Mais celui qui entend, et ne met pas en pratique, est semblable à un homme qui bâtit une maison sur la terre, sans fondement. Le torrent s’est jeté contre elle : aussitôt elle est tombée, et la ruine de cette maison a été grande » [Luc 6 :46-49].

Si j’insiste sur le fait de porter sa croix, c’est parce que c’est ici le fondement d’une vie sainte comme je l’ai dit plus haut. Mais plus encore, c’est le fondement du vainqueur de Dieu. Souvenons-nous tout de même que si quelqu’un pèche cela n’affecte pas son salut, par contre, il devra restaurer le sentiment de paix et de vie sans lequel il n’a pas de témoignage de Christ et cesse de progresser, mais plutôt décline. Porter sa croix doit durer toute la vie terrestre. Y manquer, c’est interrompre notre dépouillement et par conséquent notre perfectionnement pour l’espérance de Christ lors de Son apparition. Tenons ferme malgré la souffrance, afin de nous réjouir aussi avec gloire au temps convenable. Que la grâce et la paix vous soient accordées frères et sœurs.